Toutes pathologies confondues, 38% d'Européens, soit 165 millions de personnes, sont atteints de troubles psychiatriques ou neurologiques plus ou moins graves, y compris l'anxiété et la dépression, selon une nouvelle étude publiée dans le dernier numéro de la revue scientifique "European Neuropsychophamacology".
Financée par le Collège européen de neuropsychopharmacologie, une structure à but non lucratif, cet étude concerne plus de 500 millions de personnes vivant dans les 27 pays de l'Union européenne et en Suisse, Islande et Norvège.
Plus de 90 maladies mentales et problèmes neurologiques différents ont été pris en compte, notamment ceux fréquemment retrouvés chez les enfants, tels que le syndrome d'hyperactivité, et ceux, comme la maladie d'Alzheimer, spécifiques du grand âge.
Utiliser une définition aussi large des troubles psychiatriques et neurologiques risque d'aggraver artificiellement le problème, ont estimé certains experts. "Ces personnes n'ont pas toutes besoin de soins psychiatriques", a résumé l'un d'eux, Matt Muijen, expert en santé mentale du bureau européen de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Copenhague. Matt Muijen n'a pas participé à cette étude. Pour lui, ce chiffre de 38% est "un indicateur du stress de notre société, pas forcément des troubles psychiatriques".
La différence de définition de la maladie mentale selon les régions rend les chiffres européens difficilement comparables aux chiffres obtenus ailleurs, estime-il. Aux Etats-Unis, par exemple, l'Institut national de la santé mentale estime à 26% le nombre d'adultes ayant une forme de maladie mentale.
Le pourcentage de problèmes mentaux et neurologiques ne semble pas avoir augmenté, si l'on compare avec une étude similaire effectuée en 2005. Les problèmes les plus fréquemment rencontrés sont l'anxiété, l'insomnie, la dépression, la dépendance aux drogues et à l'alcool et les démences. Les experts estiment qu'un tiers seulement des gens concernés sont traités.
Pour d'autres experts, ce chiffre plus important que ce que l'on pense en général s'explique par le silence habituel sur ces troubles, et par la prise en compte des troubles de l'enfant et du vieillard.
"Bien que ce chiffre semble très élevé, il s'agit de l'étude la plus rigoureuse jamais menée en Europe", a commenté Graham Thornicroft, professeur de psychiatrie au King's College de Londres, extérieur à l'étude. "La vraie tragédie est que si peu de gens ayant des problèmes de santé mentale sont traités", a-t-il estimé.
Et, conclaput Hans-Ulrich Wittchen, un des auteurs de l'étude, "les problèmes de santé mentale sont le plus important défi de santé publique pour l'Europe au XXIe siècle"
Source : AP
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