C’est sur un thème qui touche l’avenir de la profession infirmière que s’ouvre aujourd’hui à Montréal, le 91e congrès annuel de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Le thème Regards sur la formation infirmière : où se situe le Québec? aborde sans détours la notion de décalage entre la formation des infirmières d’ici et celle du reste du Canada, des États-Unis et de certains pays de l’Europe.
Le sujet intéresse et interpelle plusieurs acteurs du monde de la santé et de l’éducation puisqu’on constate un décalage de quelque 3 000 heures de formation pour l’entrée dans la profession avec les autres provinces canadiennes et un classement du Québec au 16e rang sur 20 pays au sein de la francophonie. Dans ce contexte, la relève infirmière québécoise sera-t-elle suffisamment formée pour faire face aux nombreux défis scientifiques, technologiques et démographiques des 40 prochaines années?
Les délégués favorables à l’augmentation du nombre d’heures de formation
La formation de la relève a été abordée d’entrée de jeu au cours de la période de questions de l’Assemblée générale annuelle de l’Ordre qui réunissait près de 900 délégués et des centaines de membres. En effet, une proposition a été présentée par la Table sectorielle nationale des Réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) en soins infirmiers. Dans cette proposition, cette Table des RUIS demande à l’OIIQ de faire les représentations requises auprès du gouvernement du Québec afin que le droit de pratique soit obtenu à la fin de la formation universitaire (initiale ou DEC-BAC) tout en prenant en considération des mesures de transition et la préservation des acquis des infirmières en poste actuellement. Les interventions ont été nombreuses et la préoccupation à l’égard de la relève et de la continuité des soins a été omniprésente. La proposition a fait l’objet d’un vote qui a recueilli un appui massif des délégués provenant de partout au Québec.
« Comme ordre professionnel, nous devons attirer l’attention sur la situation du décalage de formation qui attend la relève infirmière québécoise et sur les impacts possibles au sein des équipes de soins tout comme pour la clientèle. Nous devons poser collectivement un regard honnête et approfondi sur la situation du décalage de la formation infirmière avec le reste du Canada et d’autres pays. L’importance de ce décalage exerce une pression en faveur d’un rehaussement de la formation au Québec », a déclaré Mme Gyslaine Desrosiers.
« Le continuum DEC-BAC fait consensus et constitue un atout considérable pour accroître le nombre d’heures de formation de la relève infirmière. Ce programme est implanté depuis 2004 au sein de consortiums collèges-universités. L’OIIQ en a toujours fait la promotion. Des craintes et des mythes persistent quant à l’attrait pour la profession et la pénurie si le nombre d’heures de formation est augmenté, a poursuivi Mme Desrosiers. Partout où le baccalauréat comme exigence d’entrée à la profession a été implanté, on a constaté une croissance de l’intérêt pour les études en sciences infirmières. Cela a été le cas en Ontario et en Suisse, par exemple, » a conclu Mme Desrosiers.
Depuis l’instauration du DEC-BAC, la proportion des infirmières titulaires d’un DEC qui poursuivent des études de baccalauréat en sciences infirmières progresse. Le dernier numéro d’Infostats de l’OIIQ, intitulé Alors que la formation universitaire infirmière gagne en popularité - Le décalage du Québec avec l’Amérique du Nord s’accentue, disponible sur le site de l’Ordre, fait le tour complet de la question.
À propos de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
L'OIIQ est un ordre professionnel régi par la Loi sur les infirmières et les infirmiers et par le Code des professions. Au 31 mars 2011, il comptait 71 399 membres et quelque 15 000 étudiants immatriculés. Sa principale fonction est d'assurer la protection du public par la surveillance de l'exercice de la profession infirmière. L'OIIQ a également pour mandats de promouvoir une pratique infirmière de qualité et de contribuer au maintien des compétences des infirmières.
Source : oiiq.org
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