Le département de radio-oncologie du Centre hospitalier de l'Université de Montréal s'est doté d'un nouvel appareil pour le traitement des tumeurs. Le CyberKnife permettra entres autres au personnel du CHUM de soigner des patients considérés inopérables avec la technologie conventionnelle.
Le CHUM présentait ce matin aux médias ce nouveau système, à l'hôpital Notre-Dame. Conçu par l'entreprise américaine Accuray, le système est en fonction dans plusieurs hôpitaux américains depuis le début des années 2000.
«Cet appareil est équipé d'un bras industriel semblable à ce que l'on trouve dans l'industrie automobile, vulgarise Réal Besner, chef du service de physique du CHUM. Grâce à cette technologie, nous n'avons plus besoin d'adapter la position du patient à l'appareil. C'est l'appareil qui suit la tumeur pendant le traitement.»
Cette avancée permet au personnel de concentrer de grandes doses de radiation sur de toutes petites surfaces, sans la moindre incision.
La précision du Cyberknife réduit le nombre de traitements nécessaires et le temps de chacune des séances.
Un avantage qu'a apprécié Suzanne Laforce lors de son passage au CHUM à la fin du mois de juillet. Après une opération au cerveau pour retirer une tumeur, Mme Laforce a reçu trois traitements de radiothérapie avec ce système.
«J'avais le choix entre 10 traitements avec l'appareil conventionnel, et trois avec celui-là. Quand on est affaibli par la maladie, c'est un grand avantage de se rendre moins souvent à l'hôpital. J'ai seulement dû m'allonger et mettre un masque grillagé qui ressemble à un casque d'escrime. C'est très sécurisant», raconte la patiente, aujourd'hui «guérie».
L'aurait-elle été aussi avec un des 11 autres appareils dont dispose le CHUM? «C'est une question difficile à répondre pour le moment. C'est relativement nouveau, et il existe plusieurs types de cancers, et différents stades», explique Édith Filion, radio-oncologue au CHUM, ajoutant que les médecins disposent maintenant d'une plus grande marge de manoeuvre pour atteindre la tumeur.
Le CHUM prévoit traiter environ 400 patients par année avec le CyberKnife, soit environ le même nombre qu'avec un appareil conventionnel.
Rabais du fabriquant
Un système comme le CyberKnife coûte entre 4 et 5 millions de dollars. Réal Besner a toutefois indiqué que le CHUM l'a acquis pour un prix moindre. «Comme nous sommes les premiers au Canada à en acquérir un, et que nous sommes un centre universitaire, nous l'avons payé moins cher», a-t-il dit, précisant que le CHUM s'était engagé à ne pas révéler à combien la facture s'est élevée, «probablement parce que le fabriquant ne peut pas faire ce prix à tout le monde».
Accuray a vendu environ 150 appareils, principalement aux États-Unis et au Japon.
Source : presse canadienne
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