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Disparition programmée de la chirurgie générale

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Pendant longtemps, il y a eu trois types de chirurgiens : les généraux, les spécialistes du " mou " et ceux qui s'occupaient du " dur ". Ce sera bientôt fini. Car la refonte de l'enseignement des spécialités chirurgicales, commencée il y a trois ans, est sur le point d'aboutir. Elle devrait entraîner la disparition de la chirurgie générale au profit de dix à douze disciplines chirurgicales différentes.

C'est ce qu'a récemment confié au Quotidien du médecin l'un des auteurs de cette réforme, le Pr Alain Branchereau, chirurgien vasculaire au CHU de Marseille. " Le diplôme de chirurgie générale n'a plus de sens, estime-t-il. Désormais, on formera des spécialistes de chirurgie urologique, orthopédique, digestive ou viscérale... "

Autre innovation, la mise en place d'un " filtre " à la fin de la première année d'internat, " pas un examen, mais une sorte d'évaluation des capacités ". Cette première année d'internat commune à toutes les spécialités chirurgicales doit permettre de réorienter les étudiants à qui cette filière ne convient pas. Conformément aux préconisations de l'observatoire national de la démographie des professions de santé, la filiarisation des postes d'internat doit voir le jour à la rentrée universitaire 2010-2011. " Nous voulons mettre en place un pool de postes par spécialité et par interrégion, explique encore Alain Branchereau dans le journal réservé au corps médical. Il faut que les internes puissent accéder à des stages dans plusieurs facultés pendant leur 3e cycle. "

Le Pr Branchereau entend par ailleurs créer des diplômes de sur-spécialités, comme la chirurgie de la main. Elles pourraient être accessibles en " validation par acquis d'expérience " (VAE). " Ce ne serait pas un carcan, mais un facteur de flexibilité ", poursuit le praticien hospitalier. Cette évolution devra nécessairement s'accompagner d'une réflexion sur le post-internat. Selon le Pr Branchereau, " le patron devra gérer le nombre d'internes qu'il entend former dans sa spécialité et leur assurer des post-internats ". Le groupe de travail souhaite par ailleurs supprimer les deux semestres de stage dans les centres hospitaliers généraux pour permettre aux internes de faire un ou deux semestres " dans toute structure, publique ou privée, agréée par les universitaires responsables de la discipline qui répondraient à un cahier des charges très précis ". Ces réformes rendront-elles nos chirurgiens plus performants ? On peut l'espérer. Et pourtant cette sur-spécialisation est d'ores et déjà mal acceptée par l'Ordre des médecins, qui s'inquiète des gardes réalisées par des chirurgiens incapables de répondre à tous les types d'urgence.

Source : lepoint.fr

 

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