Ils ne sont pas contents, les spécialistes de la Société française de radiologie (SFR) et la trêve des confiseurs ne les empêche pas de le dire. "Arrêtons de susciter la peur pour des examens qui sauvent des vies", clament-ils dans le communiqué qu'ils viennent de publier, en réponse à un article paru très récemment dans les Archives of Internal Medicine.
Ses auteurs émettent l'hypothèse que les 72 millions d'examens par scanner réalisés aux États-Unis (avec des doses d'irradiation très variables selon les hôpitaux) seront responsables, dans le futur, d'un excès de 29.000 cancers et de 15.000 décès.
"Ils fondent leurs calculs sur une hypothèse appelée "relation linéaire sans seuil", qui introduit un lien de proportionnalité entre la dose et le risque de développer un cancer", précise le communiqué de la SFR. Ce modèle est pris en compte par des organismes internationaux. Pourtant, un rapport récent de l'académie nationale de médecine et de celle des sciences conclut qu'il n'existe pas de travaux scientifiques fondés démontrant des effets cancérigènes pour des expositions inférieures à 100 mSv (l'unité d'irradiation est exprimée en milliSiverts) en aigu et 500 mSv en longue durée. Selon l'étude américaine, la dose reçue par les patients varie de 3 à 43 mSv pour un scanner abdominal et de 7 à 39 mSv pour une angiographie coronaire. Mais le danger viendrait de la multiplication de ces examens au cours de la vie.
L'exposition annuelle aux rayonnements ionisants de la population en France à des fins médicales est estimée à 1mSv (contre 2,5 mSv aux États-Unis). Et des efforts sont réalisés pour diminuer l'exposition aux rayonnements ionisants des populations. "La Société française de radiologie promeut, depuis de longues années, auprès des pouvoirs publics une politique de substitution des examens exposant aux rayonnements ionisants par des examens non irradiants, comme l'IRM, dont la France reste par ailleurs encore trop largement sous-équipée", en profite pour dénoncer le communiqué qui conclut : "Il ne faudrait pas que se développe un sentiment de peur et des craintes non fondées vis-à-vis de l'imagerie ou des progrès de la médecine qui permettent tous les jours de sauver des vies et qui ont contribué à l'inverse à augmenter l'espérance de vie de façon significative."
Source : lepoint.fr
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