La Haute autorité de santé (HAS) estime que la chirurgie de la cataracte doit continuer à être pratiquée au sein de blocs opératoires, dans les établissements de santé, "seul environnement garantissant actuellement un niveau d'asepsie adapté".
Saisie par la direction de la Sécurité sociale pour évaluer les conditions de réalisation de ce type d'intervention, la HAS vient donc de rendre son rapport. Malgré ce rappel à l'ordre, le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, voit dans ce document la "levée d'un verrou" car il envisage la création de centres de chirurgie autonome, donc de blocs opératoires spécifiques au sein de cabinets d'ophtalmologie. Ce qui permettra notamment, selon lui, d'opérer des patients dans des zones où les établissements de santé sont rares.
L'infection, la complication la plus grave
Avec près de 600.000 actes par an, l'opération de la cataracte est la chirurgie la plus pratiquée dans notre pays et le nombre d'intervention ne cesse d'augmenter, le cristallin ayant tendance à s'opacifier au fil des décennies. En France, plus de 20 % de la population âgée de 65 ans souffre de cataracte, et la proportion dépasse les 60 % après 85 ans. Le traitement chirurgical est la seule thérapeutique efficace. Il consiste à extraire le cristallin opaque et à le remplacer par un implant intraoculaire artificiel. La majorité des interventions sont actuellement réalisées dans les structures d'anesthésie ou de chirurgie ambulatoire des établissements de santé et les patients peuvent regagner leur domicile le soir même de l'intervention.
L'infection est la complication la plus grave de cette opération. Elle est rare, mais elle peut conduire à la perte de l'oeil. La principale source de contamination est le patient lui-même, mais l'environnement, le personnel soignant et l'utilisation de matériel contaminé en sont d'autres. La prévention de ces infections nosocomiales passe par la mise en oeuvre et le respect de règles d'asepsie et d'hygiène, et l'application de protocoles de désinfection du matériel. Or, les cabinets médicaux n'ont pas de définition réglementaire et un équipement très variable en fonction de l'activité réalisée, ce qui exclut à l'heure actuelle la possibilité de les laisser pratiquer ce type d'intervention.
Sécurité des patients
"La simplification des modalités anesthésiques avec un recours de plus en plus fréquent à l'anesthésie locale et la standardisation de la technique ont amené les pouvoirs publics à s'interroger sur la possibilité d'alléger les contraintes environnementales", précise la HAS dans son rapport. À terme, cet environnement pourrait correspondre à une structure de type centre de chirurgie ambulatoire autonome, s'il respecte les règles de bonnes pratiques en matière d'hygiène, de gestion des équipements et des dispositifs médicaux ainsi que les procédures de "bionettoyage" (pour réduire tout risque de contamination).
Les membres du groupe de travail de la HAS ont longuement débattu sur la nécessité de la présence d'un médecin anesthésiste réanimateur au sein de ces blocs spécifiques. Il n'est pas là seulement pour réaliser l'anesthésie, il doit aussi évaluer l'état du patient avant l'opération et son suivi tout au long de l'intervention. De plus, la population concernée étant âgée, elle souffre souvent de plusieurs affections qui exigent que l'anesthésie soit modifiée ou complétée au cours de l'intervention. C'est pourquoi la HAS préconise la possibilité d'un recours à un médecin anesthésiste sur chaque site, y compris lors d'une anesthésie locale ou topique (instillation de gouttes d'anesthésique). Une initiative approuvée par le Dr Rottier, puisqu'elle augmenterait la sécurité de ces patients souvent âgés.
Source : lepoint.fr
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