L'augmentation importante de scanners placés dans les aéroports, dont le nombre doit passer de 385 à 500 d'ici la fin de l'année aux Etats-Unis, ravive la polémique. Alors que le gouvernement fédéral américain évoque leur innocuité, les personnels navigants et les passagers se disent méfiants, tout comme certains scientifiques qui craignent l'augmentation du risque de cancer.
L'Agence américaine du médicament (Food and Drug Administration-FDA) et la TSA ont fait officiellement part de leur confiance dans une lettre adressée le mois dernier au conseiller scientifique de la Maison Blanche, John Holdren.
En revanche, des passagers, des personnels navigants et des scientifiques ont exprimé leur inquiétude. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est ce qui pourrait se passer si le matériel ne marche plus" et émet trop de radiation, a déclaré le Pr Peter Rez, de l'Université de physique d'Arizona. Un risque, selon lui, supérieur à celui pour un scanner médical, car les scanners d'aéroports fonctionnent plus souvent et sont utilisés par des salariés de la TSA sans formation médicale.
Sam Mayer, un pilote d'American Airlines, a pour sa part fait savoir que les pilotes ne voulaient plus passer de scanner. D'autant plus que cette profession présente déjà un risque de cancer légèrement supérieur à la moyenne, d'environ 1%, et que la question des rayons est pour eux un problème, a indiqué la Health Physics Society, une association de scientifiques et de professionnels travaillant sur la sécurité des radiations.
"Les radiations ont toujours été la préoccupation des pilotes du fait de notre métier", a expliqué Mayer. "C'est simplement une exposition supplémentaire."
Environ 385 scanners, chacun coûtant jusqu'à 170.000 dollars, sont déjà installés dans plus de 60 aéroports aux Etats-Unis. La TSA va renforcer l'équipement qui devrait compter 500 appareils d'ici la fin de l'année.
La moitié d'entre eux environ sont des appareils à ondes millimétriques, fabriquées par L-3 Communications, mis hors de cause car ils émettent une faible radiation. Les autres, en revanche, des Rapiscan System, posent plus de problèmes parce qu'ils émettent un rayonnement plus fort. Ce type de rayon, à fortes doses, peut entraîner des modifications cellulaires conduisant au cancer.
Le conseil national sur la protection des radiations, un groupe indépendant qui conseille le gouvernement sur les problèmes de rayonnement, souligne que les risques pour la santé seraient infimes si les doses émises se situent en dessous de la limite autorisée. Une précaution déjà prise, selon le gouvernement.
Selon la FDA, le risque de développer un cancer à partir de la dose maximale autorisée serait de un sur 80 millions par dépistage. Et les doses émises par un seul scanner sont très inférieures au maximum. Par comparaison, le risque de mourir dans un accident de voiture sur un trajet de 65 kilomètres est de un sur un million.
Le gouvernement affirme que des essais indépendants ont établi la preuve de l'innocuité des scanners des aéroports. Mais Helen Worth, porte-parole du laboratoire de physique appliquée de l'Université John Hopkins, à l'origine des tests, souligne que seule la quantité de radiation émise a été prise en compte, pas la vérification de la sécurité de l'appareil. La quantité de radiation émise en laboratoire est différente de celle émise dans la vie. Et des essais supplémentaires sont nécessaires. Les radiations émises pourraient potentiellement toucher le sein, les organes sexuels et les yeux, a déclaré David Agard, expert en imagerie à l'Université de Californie de San Francisco (UCSF).
Source : AP
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