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Affaire du détournement de matériel au CHU Ibn Sina

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Un point de presse a été organisé pour tirer au clair cette affaire qui a conduit à la fermeture temporaire du service de chirurgie cardiovasculaire.

Pour la première fois, la direction du CHU Ibn Sina de Rabat communique officiellement sur ce qui est désormais appelé «l'affaire du service de chirurgie cardiovasculaire A». C'est mercredi 12 janvier, devant un large parterre de journalistes, que le directeur de l'hôpital, Professeur Al Montacer Chefchaouni, a tiré au clair cette affaire de détournement de matériel chirurgical qui a fait couler beaucoup d'encre dans la presse nationale. Le mis en cause n'est autre que le médecin-chef du service qui a été déchargé de sa responsabilité sur décision ministérielle, et ce depuis le 23 décembre 2010. Le 8 décembre 2010, il a été également procédé à la fermeture temporaire du service, le temps d'y remettre un peu d'ordre. Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là. Le détournement de matériel médical n'était en effet que l'arbre qui cachait la forêt. D'autres infractions très graves au règlement de l'hôpital ont été découvertes suite à une enquête diligentée par une commission d'audit.

La liste est longue : réception de dons importés de l'étranger sans autorisation du ministère de la Santé et d'origine inconnue, mélange de produits valides et périmés dans différents locaux et réserves, stockage injustifié de plus de 7 millions de dirhams en valeur, dont 1,4 million en produits et médicaments périmés et puis, des conditions insalubres de stockage, non sans risques sur la qualité des produits et la sécurité des patients. De même, des infractions à la réglementation du travail ont été décelées, à savoir l'embauche de manière clandestine de 14 infirmières ne bénéficiant d'aucune couverture sociale. «En tant que chef de service, le Professeur Wajih Maazouzi assumait directement la responsabilité de ces insuffisances en sa qualité de gestionnaire du service de chirurgie cardiovasculaire», argue le Professeur Chefchaouni. Il fait savoir que, pour voir plus clair dans cette affaire et en avoir le cœur net, le ministère de tutelle a mandaté son inspection générale qui a présenté son rapport final cette semaine, confirmant une fois pour toutes la version de la direction de l'hôpital. «Nous sommes ainsi délivrés de notre obligation de réserve, d'où l'organisation d'un point de presse pour éclairer l'opinion publique sur cette affaire», poursuit-il. En revanche, une enquête visant à identifier les bénéficiaires du détournement du matériel médical est toujours en cours. Une tâche qui sera, apparemment, des plus ardues.

En effet, alors que la commission d'audit s'attelait à faire l'inventaire du matériel chirurgical stocké, la sortie de secours du service a été forcée à deux reprises. «C'était probablement pour évacuer du matériel avant son identification et sans qu'il ait été possible d'identifier le ou les responsables», suppose le directeur de l'hôpital. Une fois identifiés, les auteurs de ces faits seront poursuivis en justice.

Mais qu'en est-il des patients, premières personnes lésées par la fermeture du service ? Rassurant, Pr Chefchaouni fait savoir qu'afin de ne pas pénaliser les patients, la relève est assurée par un deuxième service de chirurgie cardiovasculaire situé également au CHU Ibn Sina. Jusqu'à ce jour, huit malades en tout et pour tout se sont présentés à cette structure et ont été opérés. Ce statut quo devra bientôt prendre fin. Depuis lundi 3 janvier, une commission des sages prépare la réouverture du service dans les meilleures conditions, chose prévue pour le lundi 17 janvier.

Pr Chefchaouni assure que le matériel nécessaire au fonctionnement est d'ores et déjà disponible, suite au lancement d'un appel d'offres et à la livraison des commandes par les fournisseurs l'ayant remporté. Vraisemblablement, la direction est fermement décidée cette fois-ci à rompre d'avec le climat délétère du passé et à faire du service de chirurgie cardiovasculaire un exemple à suivre en matière de transparence, d'éthique et de discipline. La balle est pour l'instant dans le camp d'autres services et structures sanitaires où la corruption, les malversations et les infractions de tout genre font des ravages. !

Un bilan «globalement satisfaisant»

Le point de presse a été l'occasion de dresser le bilan du CHU Ibn Sina au titre des 4 dernières années. Sur cette période, les efforts se sont concentrés sur le développement des pratiques médicales, à travers une batterie de mesures. Il s'agit en premier lieu de la conception et de la mise en place pour la première fois du dossier patient unique en vue de l'informatisation de toutes les données relatives à chaque patient. La prise en charge, quant à elle, a gagné en efficacité et en organisation, grâce à des projets de soins mis en place, à la réorganisation des activités et au développement de l'ambulatoire. Les quatre dernières années ont vu également le développement de l'hôpital de jour comme alternative à l'hospitalisation classique, de plus en plus coûteuse et trop contraignante pour les patients et leurs familles, ainsi que l'implantation de 50 cercles de qualité au sein des services cliniques et médico-techniques. En somme, le directeur de l'hôpital estime qu'il s'agit d'un bilan «globalement satisfaisant».

Repères

Nouvelles structures créées :

*- Le Centre national d'évaluation et de traitement de la douleur.

*- Le Centre de consultation à l'hôpital des spécialités.

*- L'Hôpital de jour à l'Institut national d'oncologie.

*- Le Centre d'hémato-oncologie pédiatrique.

*- Le Service des brûlés pédiatriques.

*- Le Centre de pédopsychiatrie à l'Hôpital Ar-Razi.

*- Le Centre de traitement des addictions et désintoxication à l'Hôpital Ar-Razi.

Source : lematin.ma

 

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