Les victimes des erreurs médicales ont à présent leur association. Il était temps que quelqu'un s'en occupe. Les opérations chirurgicales qui tournent au drame sont nombreuses.
Les accidents médicaux ont existé depuis toujours. Certes, tout acte médical comporte inévitablement une part de risque qui peut avoir des conséquences plus ou moins importantes. Mais quand est-ce qu'un médecin peut-il être jugé responsable ? En effet, la responsabilité médicale est très difficile à établir et, faute de texte juridique, les victimes sont souvent ceux qui payent les frais. Complications ou graves infections à la suite d'une opération, pansements oubliés à l'intérieur du corps du patient, coma ou carrément décès après une intervention chirurgicale, les exemples ne manquent pas. Pourtant il n'y a pas de statistiques exactes au Maroc et les responsables de ces erreurs sont rarement punis. Même lorsqu'un patient soupçonne qu'il est victime d'une erreur médicale, il ignore souvent comment il faut procéder et quels sont ses chances d'avoir gain de cause. La grande majorité baisse les bras dès le début parce qu'une action en justice est un véritable parcours du combattant.
Cette difficulté pour les victimes à prouver l'erreur médicale a été l'une des principales causes de la création de l'Association marocaine des victimes des erreurs médicales (AMVEM), une première au Maroc. Désormais, les choses vont prendre une autre tournure. L'assemblée constitutive de l'Association s'est tenue le dimanche 30 janvier à Salé sous le signe : «Ensemble pour faire prévaloir les droits des victimes des erreurs médicales». «La presse nationale écrite et audiovisuelle ainsi que certaines émissions de télévision ont parlé en long et en large des erreurs médicales et de leurs conséquences socio-psychologiques et sur la santé de la victime. La recrudescence incessante de ces cas nous a poussé à créer cette Association», indique Mohamed Hamdi, président de l'Association marocaine des victimes des erreurs médicales. «La création de l'AMVEM vient répondre aux revendications des victimes des erreurs médicales et les réconforter. Elle vise également à mettre en place une structure organisée ayant pour mission de défendre les victimes des fautes médicales selon les normes internationales», poursuit-il.
Cette nouvelle association promet beaucoup aux victimes qui ne savent pas se défendre faute de loi qui les protège. L'Association envisage de proposer des lois conformes aux systèmes législatifs et de gestion liés à l'activité médicale en s'inspirant des expériences internationales en la matière. «Nous promettons de venir en aide aux victimes des fautes médicales ainsi qu'à leurs familles qui ne trouvent personne pour les écouter. Ils se sentent délaissés et sans droits. Nous comptons défendre leurs intérêts devant les tribunaux», souligne M. Hamdi. Parmi les principaux objectifs de l'AMVEM, figure aussi la sensibilisation des Marocains à la gravité des erreurs médicales et leurs répercussions. L'Association vise également à faire connaître les droits des victimes en permettant un échange des expériences le dialogue entre les membres pour qu'ils trouvent ensemble la meilleure façon de défendre leurs intérêts face aux responsables. Sans oublier l'importance que l'Association accorde au soutien moral et à l'écoute attentive des problèmes des victimes. Cette nouvelle ONG ambitionne, en outre, de conclure des partenariats avec d'autres associations et organisations nationales et étrangères ayant les mêmes objectifs et de créer un observatoire national et un centre d'écoute des victimes des erreurs médicales. «Nous sommes au tout début d'un long chemin. Actuellement, nous sommes en train de compléter le dossier constitutif de l'Association. Pour le moment, nous n'avons pas assez de moyens mais nous comptons créer petit à petit des centres d'écoute dans plusieurs villes du Royaume pour recueillir les plaintes des victimes», explique Hamdi. «Etant donné que nous sommes toujours dans la phase construction, le nombre des membres de l'Association est en constante augmentation. Nous souhaitons que cela va continuer», ajoute-t-il.
Croisons alors les doigts pour que le travail de cette Association se passe dans les meilleures conditions et qu'il ait surtout des résultats satisfaisants.
QUESTIONS À: Mohamed Hamdi Président de l'Association marocaine des victimes des erreurs médicales.
«Les médecins ne sont pas tous responsables des erreurs médicales»
Comment pouvez-vous nous décrire la relation entre l'Association et l'Ordre des médecins ?
A ce propos, je tiens à préciser quelque chose de très important pour éviter toute confusion. Les médecins ne sont pas tous responsables des erreurs médicales. La majorité d'entre eux travaillent avec beaucoup de conscience professionnelle et donnent aux patients des soins consciencieux, attentifs, et conformes aux données acquises de la science et à l'aide de moyens à jour des avancées techniques et technologiques. Le problème se pose lorsqu'il y a une erreur médicale mal justifiée ou déformation des faits. Ces comportements inappropriés sont faits dans le but de bafouer les droits de la victime (dont celui d'être dédommagée) et afin d'éviter la punition. A ce sujet, nous avons l'intention présenter des propositions à l'Ordre des médecins et aux autorités publiques. Nous espérons qu'elles seront bien accueillies afin de faciliter l'accès au dossier médical de la victime. Enfin, je tiens à dire qu'il est dans notre intérêt à tous (Association, Ordre des médecins et autorités publiques) de nous serrer les coudes afin d'améliorer la pratique médicale qui est une pratique humaine avant tout.
Que pouvez-vous nous dire sur le côté juridique ?
Il y a un vide juridique concernant les garanties offertes au malade, surtout en cas d'erreur médicale. C'est pourquoi il est essentiel de remplir ce vide. Il faut aussi former des juges spécialisés et faciliter le processus de détermination de l'erreur médicale. Il y a aussi un problème au niveau de l'assurance.
Il n'est pas logique qu'un chirurgien qui effectue plusieurs opérations quotidiennement, où le risque de commettre une erreur est important, ne soit pas obligé d'être assuré pour la responsabilité civile.
Repères
Vide juridique
*- A ce jour, tout ce dont nous disposons est un code qui gère d'une façon relativement très vague les activités des médecins puisqu'il date de 1953.
Écoute
*- L'Association marocaine des victimes des erreurs médicales apporte une grande importance au soutien moral et à l'écoute attentive des problèmes des victimes.
Source : lematin.ma
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Commentaires
merci
on souffre bcp moi et ma femmme pour notre fille qui est vectime de defaut santé au cours de sa naissance sil veut plait je veux votre numero de telephone pour rester en contact et bien raconter notre situation