Tenu sous le thème «Toxicologie méditerranéenne: diversité et spécificité», le congrès de la Société marocaine de toxicologie clinique et analytique se tiendra à Essaouira jusqu'au 18 octobre. Les participants audit colloque débattront de plusieurs thèmes notamment, ceux des «conduites additives et substances psychoactives», «des intoxications aux pesticides», «des méfaits des plantes toxiques», «des envenimations», ainsi que de la «situation épidémiologique des morsures ophidiennes au Maroc». «Ces thèmes ont été choisis pour débattre les différentes formes d'intoxication ou contaminations par des éléments toxiques.
Ce colloque réunit des spécialistes venus de plusieurs horizons, leur seul objectif, débattre un sujet non seulement scientifique mais aussi social», explique Dr Nadia Tahri Hassani, médecin toxico-pharmacologue et secrétaire général de la Société marocaine de pharmacovigilance. En effet, la toxicologie se présente de nos jours comme une science aux approches méthodologiques pluridisciplinaires à caractère social et préventif, avec comme acteurs principaux le clinicien, le médecin légiste et l'analyste.
«Il va sans dire que ces trois acteurs sont les plus confrontés aux contaminations accidentelles. Aussi, face au progrès scientifique dans le domaine de la toxicologie, cette dernière prend des airs de modernité. Néanmoins, elle se trouve de plus en plus confrontée aux questions médico-légales, comme les empoisonnements criminels, suicidaires ou soumission chimique», poursuit Nadia Tahri Hassani.
Cependant, il n'y a pas que les questions médico-légales qui font l'actualité en matière de toxicologie, les participants audit congrès débattront aussi des questions thérapeutiques (intoxications médicamenteuses, pharmacopée traditionnelle), environnementales, agroalimentaires, et celle d'hygiène industrielle…
Cela dit, on ne peut pas parler d'une hygiène industrielle sans parler du fameux problème d'insecticides. Ces derniers sont en effet des produits qui risquent d'échapper à la vigilance des systèmes de contrôle (le cas de contrebande ou des produits venus de pays asiatiques enfreignent les règles sécuritaires).
Pourtant dans le processus de sécurisation des pesticides, plusieurs services se mobilisent: les services des douanes, du commerce et d'hygiène. Ainsi, pour renforcer la sécurité, les fabricants de ce type de marchandise sont tenus de l'accompagner d'un dossier toxicologique, étant donné que lors de sa manipulation, l'usager peut l'inhaler ou tout simplement la toucher. Le rôle du dossier est justement de le mettre en garde contre les effets nocifs et la conduite à tenir en cas d'intoxication.
Malheureusement, dans certains cas, ces règles élémentaires ne sont pas respectées chez toutes les marques. Il existe même des produits qui sont périmés et qui prennent tout leur temps pour se dégrader. Inutile de rappeler que ces produits deviennent nocifs après une certaine période, surtout si leurs compositions moléculaire sont relevées. Car selon les spécialistes, les molécules utilisées dans les pesticides appartiennent à trois familles chimiques. Les organophosphorés, les carbamates et les pyréthrinoïdes sont les moins dangereuses et partant les plus utilisées. Lors de la fabrication d'une bombe insecticide, une seule de ces familles est sélectionnée. Aussi, parmi les sujets qui font l'actualité du colloque de toxicologie, figure la «situation épidémiologique des morsures ophidiennes au Maroc». Un sujet qui, si ça se trouve, est l'un des chevaux de bataille du ministère de la Santé. En effet, au Maroc, chaque année, plus de 30.000 cas de piqûres de scorpion sont répertoriés au Centre national antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM).
Ce qui aggrave la situation davantage, c'est que «Chaque année, 100 décès surviennent de manière brutale chez les enfants de moins de 15 ans. Ainsi, des milliers de familles sont quotidiennement endeuillées, particulièrement durant la période estivale», conclut notre spécialiste.
Pharmacovigilance
Aucun médicament ne se trouve à l'abri d'un effet indésirable attendu ou inattendu au cours de sa commercialisation. La surveillance de ces «aléas», qui vont du trouble bénin au cas grave, revient à la pharmacovigilance. Cette dernière est une branche de la pharmacie clinique qui recense les effets indésirables ou inattendus des médicaments, essentiellement après leur mise sur le marché et jusqu'à la fin de leur commercialisation, en vue d'une action préventive ou curative.
Le service de pharmacovigilance d'une entreprise de médicaments ou d'un organisme de santé est chargé du traitement et de l'évaluation médicale des éventuels effets indésirables ou inattendus.
lematin.ma
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