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Une cinquantaine d’experts de la Rage du Continent Africain et de la France en conclave à Casablanca

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AfroREB (Africa Rabies Expert Bureau), constitué d’experts de la rage provenant de 15 pays d’Afrique francophone, va se réunir à Casablanca, du 23 au 25 mai 2011. Ce colloque scientifique et médical va rassembler une cinquantaine d’éminents spécialistes de la rage, universitaires, cliniciens, chercheurs, représentants des ministères de la santé et des Instituts Pasteur des différents pays. Le réseau AfroREB accueillera également la Directrice de l’Alliance mondiale contre la rage, le directeur du Centre national de référence de la rage de l’Institut Pasteur de Paris, Centre collaborateur de l’OMS, ainsi qu’un représentant du réseau anglophone SEARG (Southern and Eastern African Rabies Group), qui regroupe les spécialistes de la rage d’Afrique australe et orientale.

AfroREB est un réseau francophone regroupant des spécialistes de la rage, des médecins, des chercheurs et des représentants des ministères de la santé et de l’agriculture, de 15 pays d’Afrique du Nord et de l’Afrique sub-saharienne (Maroc, Algérie, Tunisie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République du Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Niger, République Centrafricaine, Sénégal et Togo). AfroREB se réunit tous les deux ans pour travailler sur des projets concernant la lutte contre la rage en Afrique, échanger des expériences cliniques de la santé publique, exposer les problèmes spécifiques rencontrés dans la pratique médicale et y apporter des solutions. Les membres de l’AfroREB auront à évaluer à Casablanca, le travail accompli depuis les deux premières réunions, qui s’étaient tenues en mars 2008 à Grand-Bassam (Côte d’Ivoire) et en mars 2009 à Dakar (Sénégal). Ils discuteront de la situation de la rage dans leurs pays respectifs, échanger leurs expériences, établir des collaborations, avec pour objectif de sauver des vies humaines en améliorant la prise en charge des personnes mordues par un animal susceptible d’être enragé. L’objectif étant de trouver des solutions adaptées à chaque contexte. Des sessions de travail seront consacrées à la définition de modèles pour l’implantation et l’organisation des centres antirabiques et la mise en place de stratégies de lutte régionale contre la rage.

La rage : Une maladie négligée malgré un impact humain majeur (1 mort toutes les 10 minutes)

La rage humaine est mortelle à 100% mais elle est évitable à 100%, à condition d’intervenir rapidement après le contact infectieux. La rage est transmise par morsure ou griffure, ou par léchage des muqueuses par un animal enragé, le plus souvent un chien.

Après pénétration dans l’organisme (inoculation), le virus de la rage attaque le système nerveux et le cerveau puis diffuse dans de nombreux tissus et notamment les glandes salivaires.  La période d'incubation (période qui précède l’apparition des premiers symptômes) est généralement, chez l'homme, de 20 à 60 jours. C’est une menace potentielle pour plus de 3,3 milliards de personnes vivant dans les zones enzootiques (c'est-à-dire où la rage est présente chez les animaux), principalement en Asie et en Afrique. La rage reste une maladie négligée, seulement un cas sur 20 est signalé en Asie et moins d’un cas sur 160 en Afrique. Pourtant, elle tue chaque année environ 55 000 personnes dans le monde, dont 20 000 en Inde et 24 000 en Afrique, essentiellement suite à la morsure de chiens enragés, soit sur 99% des cas. Aujourd’hui, 84% des victimes habitent dans des zones rurales d’Afrique et d’Asie, 30 à 50% des sujets qui meurent de la rage sont des enfants de moins de 15 ans. Particulièrement exposés parce que moins conscients des risques, les enfants sont souvent mordus au visage et aux bras. La rage touche principalement des populations à faible revenu: selon une étude réalisée en Inde, 75% des victimes de morsures d'animaux appartenaient aux populations pauvres et à faible revenu. En Europe et en Amérique, la rage est principalement présente chez les animaux sauvages, plus particulièrement les chauves-souris en Amérique du Sud et aux Etats-Unis. En cas de risque de contamination de la rage, il convient de procéder immédiatement à un nettoyage vigoureux de la plaie avec de l’eau savonneuse et de se rendre sans attendre au centre de prévention de la rage le plus proche pour y recevoir un traitement préventif : vaccination antirabique complète et administration d’immunoglobuline antirabique. Il existe également des vaccins vétérinaires efficaces, qui permettent de lutter contre la rage animale, moyen le plus efficace pour éliminer la rage humaine. Néanmoins la rage demeure un problème de santé publique majeur.

L’Afrique, une zone à haut risque rabique

En Afrique (comme en Asie), les chiens sont les principaux hôtes et vecteurs de la rage.  L’Afrique paie un lourd tribut à cette maladie, avec près de 24 000 cas mortels annuels selon les estimations de l’OMS. Ces données sont très probablement sous-estimées, dans la mesure où de nombreux cas ne seraient pas traités ou rapportés aux autorités sanitaires, la rage ne faisant pas partie des maladies à déclaration obligatoire dans de nombreux pays d’Afrique Occidentale et Centrale. Toutes les vingt minutes, un enfant meurt de la rage en Afrique. Environ 44% des décès par rage dans le monde surviennent en Afrique, et selon l’OMS, tous les pays africains sont des pays «à haut risque». La majorité des cas de rage n’étant pas signalés, le risque rabique est fortement sous-estimé. La rage est perçue comme une maladie rare, elle n’est pas considérée comme une priorité et ne bénéficie pas de l'attention qu'elle mérite (dans de nombreux pays d'Afrique, la rage n'est pas une maladie à déclaration obligatoire). Les décès liés à la rage pourraient être évités par l'administration d’une PPE, mais :

*-  La population est souvent mal informée du risque encouru ; dans la majorité des cas les personnes exposées ne consultent pas immédiatement un médecin, et une fois les symptômes apparus plus rien ne permet de les sauver.

*-  L'infrastructure des centres de prévention est peu développée en Afrique occidentale ; beaucoup de personnes exposées à la rage ne reçoivent donc pas de PPE car elles vivent dans des zones rurales, géographiquement trop éloignées des centres antirabiques qui sont généralement situés dans les grandes villes.

*-  Le vaccin n’est généralement pas subventionné par les gouvernements, ce qui limite dramatiquement l'accès des populations au traitement, faute de moyens. Dans certains pays d’Afrique, jusqu’à 60% des patients ne prennent qu’un traitement incomplet, mettant ainsi leur vie en danger.

*-  Bien souvent, les cas de rage ne sont pas diagnostiqués car un grand nombre de victimes décèdent loin des structures de soins. Les cas diagnostiqués cliniquement ne sont pas toujours rapportés. La maladie reste ainsi ignorée et négligée.

La rage au Maroc

La rage est considérée au Maroc comme une zoonose majeure depuis 1986 (date du lancement du Programme National de Lutte contre la Rage).Au Maroc, le nombre annuel moyen de cas de rage animale est de 416 et le nombre de cas de rage humaine de 22. Aussi 85 % des cas recensés résultent d’une morsure par un chien infecté, principal vecteur et réservoir du virus.

A propos d’AfroREB :

AfroREB est un réseau d’experts de la rage des pays francophones du continent africain, créé en 2008. Il regroupe des scientifiques et des responsables de santé publique de 15 pays d’Afrique francophone : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Maroc, Niger, République Centrafricaine, Sénégal, Togo, Tunisie. AfroREB se réunit au moins tous les deux ans pour travailler sur des projets concernant la lutte contre la rage sur le continent Africain, échanger des expériences cliniques et de santé publique, et émettre des recommandations dans le but de:

-       Accroître la connaissance sur l’étendue de ce fléau sur le continent ;

-       Améliorer la pratique clinique et trouver des solutions adaptées au contexte et à la situation du continent Africain ;

-       Définir des réponses appropriées au problème de la rage, incluant des recommandations sur la qualité de la pratique clinique et des produits biologiques utilisés, tels que les vaccins ou les immunoglobulines antirabiques ;

-       Accroître la reconnaissance de la rage dans les pays représentés au sein du bureau ;

-       Améliorer l’éducation sur la rage afin que les patients soient en mesure de chercher des soins médicaux appropriés dans les délais les plus brefs après avoir été exposé au risque ;

-       Améliorer l’accès à des traitements de qualité.

AfroREB bénéficie du parrainage de Sanofi Pasteur, division vaccins du Groupe Sanofi-Aventis, leader mondial de l’industrie pharmaceutique qui recherche, développe et diffuse des solutions thérapeutiques pour améliorer la vie de chacun.

AfroREB collabore avec l’Alliance mondiale contre la rage, dont la mission est de prévenir la rage humaine, tout particulièrement chez les enfants, et d’alléger le poids de la rage chez les animaux. AfroREB participe à la Journée mondiale de la rage, qui a lieu le 28 septembre chaque année.

Site web: www.afroreb.info

 

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