Le Maroc vient de célébrer, à l'instar de la communauté internationale, la semaine nationale de promotion de l'allaitement maternel du 22 au 28 juin.
Dans ce sens, le ministère de la Santé a lancé une campagne de sensibilisation sous le thème «Allaiter au sein, protège votre enfant et vous protège».
Selon un responsable au ministère, l'objectif de cette campagne est de promouvoir en premier lieu cette pratique à travers la sensibilisation des mères en particulier et de leur entourage sur les bénéfices de l'allaitement sur la santé de l'enfant et de la mère. Le lancement de cette campagne tombe à point nommé pour renforcer cette pratique qui connaît actuellement une baisse alarmante. En effet, si jusqu'à ces dernières années l'allaitement maternel n'a pas été considéré comme un problème de santé publique au Maroc, puisque l'idée que sa pratique était largement répandue et ne nécessitait pas d'action particulière, était communément admise, la situation a bien changé depuis. Les enquêtes réalisées par le département de la Santé montrent que 15% des nourrissons seulement étaient nourris exclusivement au sein durant les six premiers mois de vie en 2006, alors qu'ils représentaient 32% en 2004 et plus de 51% en 1992. La mise au sein précoce durant la demi-heure qui suit l'accouchement a enregistré également une baisse notable. D'après l'étude nationale sur la population et la santé de la famille, cette mesure n'est pratiquée actuellement que par 52% des femmes. Cette désaffection est due à plusieurs raisons aussi bien d'ordre social, économique que culturel.
Certains auteurs citent aussi des modifications de la structure familiale, avec notamment la perte de soutien de l'entourage. Conscient donc de l'importance de cette pratique idéale d'alimentation de l'enfant et conformément au plan d'action 2008-2012, le département a retenu la promotion, le soutien et la protection de l'allaitement maternel comme une stratégie prioritaire. «Protéger, promouvoir et soutenir l'allaitement maternel est la stratégie la plus appropriée pour assurer la survie et le développement harmonieux des enfants et ce dans le but d'atteindre les objectifs fixés par le gouvernement en termes de réduction de mortalité infantile d'ici 2012 », indique un responsable au ministère. La stratégie se fixe donc deux objectifs majeurs. Il s'agit d'encourager les femmes à mettre au sein précocement leurs enfants dans la demi-heure qui suit l'accouchement et les allaiter durant les six premiers mois avant d'ajouter d'autres aliments à leur régime alimentaire. Afin d'atteindre ces deux objectifs, le département de la Santé a prévu donc de renforcer les compétences des professionnels de santé en matière d'alimentation des enfants et de promouvoir l'allaitement maternel par la redynamisation de l'initiative hôpitaux amis de bébés et l'hospitalisation du couple mère/ enfant dans les maternités et services de pédiatrie.
Il a prévu également d'amener les professionnels de santé à soutenir effectivement les femmes enceintes et allaitantes dans la gestion de la lactation et d'impliquer la société civile et les médias dans la promotion, le soutien et l'accompagnement des mères allaitantes. Par ailleurs, la stratégie devrait ne pas négliger également des facteurs qui interviennent dans la décision de l'arrêt de l'allaitement, notamment l'ignorance et les traditions. En effet, le déclin inquiétant de l'allaitement maternel exclusif à 6mois, la coupure entre la connaissance et la pratique et les croyances qui sévissent encore autour de la nocivité du lait de la femme enceinte et de la supériorité du lait de pharmacie sont autant d'aspects à cibler qu'il faudra également prévoir dans le cadre des actions de promotion de l'allaitement maternel car l'Organisation mondiale de la santé reste formelle : jusqu'à l'âge de six mois, les bébés n'ont besoin pour grandir et se développer, que du lait de leur mère ! Et ceci à l'exclusion de tout autre aliment ou boisson.
L'allaitement au sein doit se poursuivre jusqu'à l'âge de deux ans, voire plus longtemps. Car au-delà de la relation affective évidemment irremplaçable qu'il établit entre la mère et son petit, le lait maternel est le plus parfaitement adapté aux besoins du nourrisson. Il est tout simplement inimitable.
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Allaitement et travail
La croyance qui prévaut est que la reprise du travail signe la fin de l'allaitement. Or, l'utilisation d'un tire-lait permet à une mère d'entretenir sa lactation, d'éviter les engorgements et de constituer des stocks de son lait, qui pourra être donné à son bébé ce qui permettra à la mère de continuer à mettre son enfant au sein en dehors de ses horaires. Au Maroc, le code du travail stipule que la mère salariée a le droit quotidiennement, d'allaiter son enfant, durant les heures de travail, à un repas spécial, rémunéré comme temps de travail, et à une demi-heure le matin et une demi-heure l'après-midi. La mère pourra utiliser aussi ces pauses pour tirer son lait. Par ailleurs, toute entreprise employant plus de 50 femmes doit mettre à la disposition des mères une «chambre d'allaitement» répondant à des critères précis d'hygiène et de surveillance. Mais malgré ces textes, la législation actuelle n'offre pas le cadre adéquat pour la mise en œuvre des recommandations de l'OMS et l'UNICEF concernant l'allaitement maternel exclusif jusqu'à six mois. En effet, d'une part les dispositions déjà en place sont rarement appliquées. Et d'autre part, de nombreuses mères ne demandent pas à en bénéficier, faute d'informations sur leur existence.
Source : lematin.ma
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