Alors qu'en Amérique du Nord et dans certains pays européens, les infections commencent à diminuer, les spécialises marocains s'attendent à un pic des infections en hiver.
Alors que la campagne de vaccination bat son plein, le virus continue sa propagation dans les différentes régions du Maroc.
Si les premiers sujets infectés ont été découverts dans les grands centres urbains, les autres villes marocaines n'ont pas été épargnées par la pandémie. Ainsi, des cas ont été diagnostiqués dans des petites villes notamment à Figuig, Inzegane, Taroudant ou encore Khénifra. A la vitesse actuelle, le cap des 3000 infections devrait être franchi dans les prochains jours.
Cependant, même si les infections au A/H1N1 se content déjà par milliers, le pic de la pandémie n'a pas encore été atteint. «Il est clair que le pic de la pandémie n'est pas encore atteint au Maroc comme dans d'autres pays dans le monde. Nous sommes donc toujours dans une phase ascendante», explique le Pr Jaâfar Heikel, épidémiologiste et expert international.
Les responsables se veulent rassurants. Le docteur Omar El Menzhi, patron de la direction de l'épidémiologie et de lutte contre les maladies, avait ainsi affirmé que le nombre des infections recensées sur le territoire marocain reste nettement inférieur aux extrapolations faites par les responsables au début de la pandémie.
Le Royaume est donc moins touché mais le nombre des infections au virus A/H1N1 continuera son augmentation… et par ricochet le nombre des décès. Au total, le virus a déjà fait 45 morts selon le dernier bilan communiqué par le ministère de la Santé mercredi dernier. La majorité des victimes sont des femmes enceintes et des personnes atteintes de maladies chroniques. Mais l'impact du virus sur ces catégories de la population devrait être atténué grâce aux vaccins disponibles au Maroc depuis plus de deux semaines. Lancée le 9 décembre dernier, la campagne de vaccination a déjà bénéficié à près de 300.000 Marocains parmi les catégories ciblées, selon la ministre de la Santé, Yasmina Baddou.
Le Maroc s'était fixé l'objectif de vacciner 60% de la population. En vue d'atteindre cet objectif, la ministre affirme que les moyens nécessaires ont été déployés. «Il a été procédé à la création de 1.258 centres de vaccination (419 en milieu urbain et 839 dans le monde rural) et de 600 unités mobiles équipées pour vacciner les personnes établies dans les régions enclavées, ainsi qu'à la mobilisation de 2.300 médecins et 7.200 infirmiers», a-t-elle précisé la semaine dernière devant les parlementaires à la Chambre des conseillers.
Bout du tunnel ?
A l'échelle internationale, les dernières informations provenant de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) attestent que le pic des infections a déjà été atteint en Amérique du Nord et en Europe. Selon l'Organisation onusienne, le virus H1N1 circule toujours dans toute l'Europe occidentale, mais l'activité grippale a atteint un pic et a commencé à décliner dans plusieurs pays. En effet, les réseaux sentinelles dans ces derniers montrent une diminution du nombre de cas de syndromes grippaux et d'infections respiratoires à la seule exception de la France où les infections continuent d'augmenter. Mais cette situation est due, selon les experts, à une faible affectation de la France au début de la pandémie par rapport à d'autres pays. Par contre, le recul de la grippe a été constaté surtout en Belgique, en Espagne, au Portugal et en Italie. Bien avant ces pays, la pandémie avait baissé d'intensité aux Etats-Unis et au Canada. Pour les épidémiologistes, le synchronisme des épidémies grippales ne date pas d'aujourd'hui puisqu'il existe des décalages entre les deux côtés de l'Atlantique même si la dynamique de l'épidémie ne connaît pas d'écart significatif. Ainsi, la première vague de la grippe a bel et bien commencé à faiblir. Toutefois, les spécialistes en épidémiologie affirment que les pandémies de la grippe peuvent se propager en plusieurs vagues, ce qui laisse la porte ouverte dans l'avenir à toutes les éventualités. Faut-il donc s'attendre à une deuxième vague d'infections? L'hypothèse n'est pas éloignée surtout que l'on commence à découvrir des virus résistants aux traitements actuels même si cette résistance n'a pas encore atteint un degré préoccupant.
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Bilan international
Depuis mars dernier, au moins 11.516 personnes sont mortes des suites d'une infection au A/H1N1. L'Amérique du Nord reste la zone la plus touchée avec au moins 6670 morts, suivie du continent européen avec 2045 décès. L'Afrique a enregistré 109 morts, selon les statistiques de l'OMS. Dans son dernier bulletin sur la situation de la pandémie dans le monde, l'organisation onusienne affirme que la transmission du virus dans l'hémisphère nord reste active et étendue géographiquement bien que la vague hivernale de la grippe atypique ait atteint un pic dans la plus grande partie des zones tempérées de l'hémisphère. C'est le cas pour les Etats-Unis où le nombre des décès et des hospitalisations ne cesse de baisser depuis six semaines. En Europe, la maladie a également atteint un pic dans la majorité des pays. En Asie centrale et de l'Ouest, en revanche, la transmission semble toujours active, a ajouté l'Organisation, qui affirme suivre l'évolution de la pandémie à travers des consultations fréquentes avec ses Bureaux régionaux et les Etats membres et par le suivi de sources de données multiples.
Repères
Dernier bilan (mercredi 23 décembre)
*- 45 décès dus à la grippe
*- 2.806 cas confirmés recensés, dont 1007 cas en milieu scolaire
*- Vaccination
*- Près de 300.000 Marocains ont été déjà vaccinés.
*- Campagne
*- L'opération de vaccination a été lancée au Maroc le 9 décembre dernier. Elle cible les personnes atteintes de maladies chroniques.
Source : lematin.ma
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