«La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune d'origine inconnue». Ainsi s'explique Nejmdine Bouabid, spécialiste en communication et consulting médical, lors d'un atelier de formation, organisé par l'Association Marocaine de la Presse Médicale dans le cadre de son cycle de formation, au profit des journalistes sous le thème: «Polyarthrite rhumatoïde, Aspects biologiques et nouveautés thérapeutiques».
Un rhumatisme inflammatoire chronique susceptible d'évoluer vers des déformations et des destructions articulaires très invalidantes.
La Polyarthrite rhumatoïde est une maladie caractérisée par une atteinte articulaire souvent bilatérale et symétrique, évoluant par poussées vers la déformation et la destruction des articulations atteintes. Elle met en jeu des facteurs hormonaux, environnementaux (infection), sur terrain génétique prédisposé. Cette maladie touche 1% de la population au Maroc, essentiellement des femmes.
Maladie auto-immune polyfactorielle, la polyarthrite rhumatoïde est d'abord un rhumatisme inflammatoire chronique susceptible d'évoluer vers des déformations et des destructions articulaires très invalidantes liées à la synovite rhumatoïde. Cette dernière détermine la formation d'un pannus qui peut être assimilé, par ses conséquences, à la prolifération localisée d'un tissu inflammatoire.
Les premières articulations atteintes sont habituellement celles des mains et des genoux. Les douleurs sont permanentes mais diminuent souvent au début de la nuit, ce qui permet aux patients de s'endormir. La douleur réapparaît dans la seconde moitié de la nuit et réveille le malade. Au réveil, les articulations sont raides, gonflées, chaudes et le dérouillage matinal est douloureux.
Ces symptômes persistent quelques semaines ou mois puis s'atténuent et peuvent même disparaître avant de revenir. Le malade s'abstient de consulter un médecin. Croyant à tort que la maladie a disparu. Les rechutes se succèdent en l'absence de traitement, les articulations se déforment et la maladie s'étend: épaules, coudes, chevilles, pieds... sont atteints.
L'évolution est très variable et la gravité de l'affection est imprévisible, différente d'un malade à l'autre. Dans la majorité des cas, la maladie est de sévérité moyenne, compatible avec une vie supportable. Dans certains cas, la maladie se stabilise, avec ou sans déformations articulaires. Dans d'autres cas plus sévères, elle aboutit à la déformation et à l'ankylose définitive de plusieurs articulations et donc à l'invalidité. Les malades au Maroc souffrent doublement. Alors que la maladie ronge leurs articulations, le problème de prise en charge et l'accès aux soins sont très difficiles.
------------------------------------------------------
Le tabagisme augmente le risque de la maladie
Rhumatisme inflammatoire fréquent, la polyarthrite rhumatoïde pourrait être favorisée par le tabagisme. Et chez les personnes déjà atteintes, le tabagisme augmenterait la sévérité de la maladie. Autant de raisons supplémentaires pour arrêter de fumer !
Bien que le mécanisme reste en partie mystérieux, le tabagisme pourrait jouer un rôle dans la survenue et l'évolution de cette maladie. On sait depuis plusieurs années que le tabagisme est lié à un plus grand risque de polyarthrite rhumatoïde et à une plus grande sévérité de la maladie.
Mais jusqu'alors, les études prouvant ces liens incluaient quasi-uniquement des femmes (trois fois plus souvent touchées par la polyarthrite rhumatoïde).
Des chercheurs américains ont interrogé 859 vétérans américains atteints de polyarthrite rhumatoïde sur leur statut tabagique. Résultat: l'association entre tabagisme et la sévérité de la maladie (confirmée par la présence de nodules, des critères radiographiques et un dosage des anticorps anti-CCP - marqueurs spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde) a été confirmée dans des proportions plus fortes encore que celles constatées chez les femmes. (www.doctissimo.fr)
---------------------------------------------------------------------
Explication
«Une maladie souvent invalidante si elle n'est pas diagnostiquée et traitée à temps»
Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?
C'est le rhumatisme chronique le plus fréquent de l'adulte; c'est une maladie souvent invalidante si elle n'est pas diagnostiquée et traitée précocement; elle se caractérise par une atteinte multiple, bilatérale et symétrique des articulations, évoluant progressivement par poussées vers la déformation et la destruction séquellaires des articulations. Le retentissement fonctionnel, socioprofessionnel et psychologique peut être très significatif et la qualité de la vie est entravée. On évalue sa prévalence à 0,5% environ avec une prédominance nette du sexe féminin survenant fréquemment entre 40 et 60 ans La cause reste encore inconnue, elle est considérée comme maladie auto-immune (auto-anticorps dirigés vers les articulations de soi-même).
Quels sont les moyens de diagnostic et la symptomatologie ?
Le diagnostic précoce est capital; malheureusement les signes cliniques manquent de spécificité, les signes biologiques sont inconstants, et l'apparition des érosions radiologiques est déjà un signe en retard. La radiographie est capitale et permet d'avoir des clichés standards de référence pour le suivi. L'échographie haute résolution entre mains expertes et dans des centres référents en la matière permet la visualisation précoce des atteintes articulaires.
Le médecin généraliste est souvent le plus sollicité en premier lieu devant toute douleur; d'où son rôle considérable dans le dépistage et le diagnostic précoce. La collaboration rapide généraliste-spécialiste s'impose pour instaurer les traitement anti-destructeurs à temps.
Quel est son traitement ?
Heureusement, des traitements appropriés, adoptés dès les premiers stades de la maladie, permettent d'éviter l'invalidité. Les antalgiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticostéroïdes à faible doses. Lors des poussées inflammatoires, ils constituent des traitements dits symptomatiques pour soulager. Le traitement de fond est basé sur l'instauration de molécules visant à contrôler et à freiner l'évolution vers les déformations. Cependant, l'efficacité demande du temps en fonction du degré de gravité de la maladie. Heureusement, ces dernières années, une nouvelle classe de médicaments est apparue connue sous le nom de modificateurs de la réponse biologique, ou biothérapies. Les premiers représentants de ces médicaments sont les agents anti-TNF et les anti-lymphocytes B. Ils sont réservés aux personnes chez qui le autres médicaments antirhumatismaux sont insuffisants.
Abdelatif Achibet médecin généraliste
Repères
Qualité de vie altérée
*- La plupart des patients ont vu leur vie bouleversée par la polyarthrite rhumatoïde. Un épuisement physique conduit rapidement à un épuisement moral. Les conséquences psychologiques de la maladie sont multiples.
*- Traiter ne veut pas dire guérir
*- Il n'existe pas de moyen de guérir de la polyarthrite rhumatoïde. Mais les médecins disposent aujourd'hui de médicaments capables de stopper son évolution. La qualité de la prise en charge repose aujourd'hui sur un diagnostic et un traitement précoces.
*- Effets indésirables
*-- Côté effets indésirables, ils se limitent principalement à des infections hépatiques qui restent généralement bénignes et réversibles, sans lésions du foie ni répercussions sur la fonction hépatique.
Source : lematin.ma
| < Précédent | Suivant > |
|---|






