Impliquer tous les intervenants dans le système de santé sur l'élaboration de la Carte sanitaire en tant qu'outil de régulation et de planification de l'offre de soins: voici, en gros, le principal objectif que le ministère de la Santé s'est fixé à travers l'organisation du Forum national sur la Carte sanitaire.
Il faut reconnaître que le défi est de taille. En dépit des progrès effectués, la mise à niveau du secteur de la santé au Maroc demeure l'un des principaux défis pour le pays, d'où l'importance d'un tel forum.
Au total, pas moins de 350 personnes, représentant les départements ministériels, le Parlement, les organismes internationaux, le secteur privé de la santé, les syndicats, les ONG nationales, les experts internationaux, ont participé trois jour durant au débat sur la Carte sanitaire. Un débat qui a été couronné par l'adoption de plusieurs recommandations.
Dans ce sens, il a été convenu que la Carte sanitaire doit offrir non seulement un cadre général de planification de l'offre de soins, mais aussi un cadre spécifique pour accompagner les priorités nationales. Les participants ont également insisté sur la nécessité d'assurer la coordination entre les différents niveaux d'interventions dans la mise en place d'un seul système national d'information, conformément aux exigences du projet de la loi 34-09.
En outre, il a été recommandé d'adapter le découpage sanitaire aux besoins réels des populations en privilégiant un découpage géographique approprié par rapport au découpage administratif actuel. Last but not least, l'intégration de la planification de l'offre de soins dans les plans d'aménagement a été également préconisée dans le but de garantir les conditions nécessaires à l'implantation des établissements de soins.
Mais aux côtés de ces recommandations d'ordre plutôt général, d'autres plus spécifiques ont aussi été adoptées. Sur le plan de la réglementation, il a été recommandé de définir dans les textes d'application (décrets, arrêtés) certains concepts tels que la santé publique, le service public, le matériel lourd, les établissements médico-sociaux, etc
De plus, il a été recommandé de développer un modèle de régionalisation du système de santé adapté au contexte du pays et prenant en considération les ressources disponibles. La mise en place des mécanismes et des procédures permettant le respect des circuits de référence pour une meilleure maîtrise des dépenses et une bonne rentabilité des établissements de soins figure également parmi les recommandations spécifiques adoptées. De même, il a été convenu d'appliquer le principe de numérus clausus, dans la répartition de l'offre de soins de manière générale, à l'image de l'implantation des pharmacies.
Par ailleurs, il a été recommandé d'harmoniser la procédure d'octroi de l'autorisation des cliniques et établissements de santé à la fonction exclusive du ministère de la Santé en tant que tutelle gouvernementale responsable du système de l'Offre de soins. L'édiction rapide d'une réglementation précise qui définira, à l'instar du décret relatif aux hôpitaux, les types d'établissements sanitaires publics avec le réseau de soins de santé de base et leurs paquets de prestations figurent sur la liste des exhortations adoptées en rapport avec le domaine de la réglementation. Au niveau du financement, l'une des recommandations concerne le renforcement de l'accessibilité financière aux soins notamment par l'extension du RAMED ainsi que la mise en place d'un système de contractualisation entre les différents niveaux de décision.
De même, il a été préconisé de mettre en place des mécanismes incitatifs pour le développement des prestations prioritaires identifiées par le ministère de la Santé.
En ce qui concerne le partenariat, les recommandations-phares concernent l'institutionnalisation du partenariat public privé (stratégie, domaines de partenariat,…) et l'implication des ressources humaines du secteur privé de façon active et incitative dans la mise en œuvre de la carte sanitaire et non seulement les structures et les équipements. Encore une fois, il a été recommandé de développer la coordination avec les collectivités locales dans le but d'une amélioration et d'une optimisation de l'action ambulatoire alors que celles-ci se doivent d'être déjà partie prenante.
Enfin, des recommandations en rapport avec les équipements lourds ont été adoptée notamment en ce qui concerne le développement et le renforcement du partenariat Public/ Privé pour une meilleure répartition des technologies et la mutualisation des équipements lourds et ce, pour une meilleure offre de soins. Les responsables ont en outre préconisé la mise en place d'incitations d'ordre fiscal et autre pour l'encouragement de l'investissement dans les équipements lourds dans les zones dépourvues. Des mesures d'accompagnement ont également été définies. Dans ce sens, il a été décidé de responsabiliser le niveau local et le rendre imputable de ses résultats. Les participants ont aussi convenu de transférer des responsabilités et des ressources aux régions et d'accélérer l'informatisation du secteur de la santé.
Axes de travail
Les expériences de certains pays dans le domaine de la Carte sanitaire notamment la France, l'Espagne (Catalogne) et le Canada (Québec) ont été présentées lors du forum national. Il s'agit de modèles différents qui ont pris en considération dans leur implantation les particularités de chaque pays notamment en matière du mode de financement et de la taille du territoire de planification de l'offre de soins. Le Maroc a mis en place une stratégie adoptée pour la réalisation de la Carte sanitaire. Ainsi, trois outils techniques ont été développés par le ministère de tutelle. Il s'agit d'une nouvelle démarche de planification de l'offre de soins, d'une Base de données sur l'Offre de Soins de Santé (BOSS) et d'un Système d'information géographique (SIG). Pour rappel, le ministère de la Santé a prévu des plans d'action spécifiques de lutte contre les problèmes de santé identifiés comme prioritaires dans la stratégie 2008-2012 comme le Cancer, la psychiatrie, la gynécologie obstétrique et l'insuffisance rénale terminale.
Repères
Engagement
Le Premier ministre a insisté sur l'engagement du gouvernement pour renforcer la couverture médicale de base par l'extension du RAMED,
Etudiants
La mise en place d'un régime spécifique aux étudiants a été annoncée
Volonté
Le gouvernement, par le biais du Premier ministre, a affiché sa volonté de mobiliser d'avantage les moyens à travers l'augmentation continue du budget du ministère de la Santé.
Déséquilibre
Le secteur de la santé connaît des dysfonctionnements relatifs à la répartition géographique déséquilibrée et inéquitable de l'offre de soins.
Manque
La coordination entre le secteur public et le secteur privé est pratiquement absente sans oublier les difficultés dans l'investissement médical dans certaines régions.
Source : lematin.ma
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