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Grève dans le secteur public

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En l'absence d'une réaction du gouvernement, les centrales syndicales ont maintenu leur grève. Chaque partie campe sur sa position.

Le débrayage tenu hier dans le secteur public a-t-il répondu aux objectifs des centrales syndicales ? Il ne s'agit pas d'évaluer l'ampleur du succès de la grève observée dans l'administration publique pendant une journée, mais de souligner les conséquences de la coordination syndicale qui est en train de se tisser. Si le partenariat entre les principales centrales se renforce, un véritable lobbying sera exercé sur l'équipe gouvernementale. Celle-ci est appelée à agir pour contenir le malaise social. Même l'UGTM, dont le secrétaire général n'a cessé à plusieurs reprises de dénoncer les appels à la grève, a rejoint le mouvement pour pointer du doigt particulièrement les dispositions du projet de Loi de finances.

L'ODT a également décidé de battre le pavé. Seule la CDT continue de faire cavalier seul. Les syndicats resserrent leurs rangs et travaillent désormais en bloc homogène alors que récemment on reprochait au syndicalisme marocain d'être fragmenté.

Jusque-là, le gouvernement n'a fait qu'afficher sa déception de la décision des partenaires sociaux.

Jusqu'à hier, aucun contact n'a été noué avec les centrales.

Les deux parties continuent de se lancer les accusations. La semaine dernière, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, s'est contenté, lors du point de presse à l'issue du Conseil de gouvernement, d'exprimer la détermination de l'Exécutif de poursuivre avec sérieux le dialogue social « regrettant l'annonce par certaines centrales syndicales d'une grève générale dans le secteur public » et estimant que le dialogue et la négociation demeurent le seul moyen pour parvenir à des réponses « logiques, objectives, adaptées à la conjoncture actuelle». Mais justement, cette année, le deuxième round des négociations n'a pas encore eu lieu et aucune date officielle n'a encore été fixée. Selon une source gouvernementale, ce sont les syndicats qui sont responsables de la suspension du dialogue d'avril dernier vu qu'ils ont demandé de se concerter avec leur direction pour formuler une proposition au gouvernement. A présent, le dialogue entre l'Exécutif et ses partenaires sociaux devra reprendre sur la base d'objectifs et de stratégies clairs. Un nouveau souffle devra être mis en place.

Il faut dire que depuis l'institutionnalisation du dialogue; source de fierté de Abbas El Fassi, les négociations piétinent. Chaque camp reste sur sa position.

La marge de manœuvre demeure très réduite pour les deux parties.

L'exécutif gère un budget limité tandis que les syndicats sont appelés à présenter des réalisations concrètes à leurs bases dans une conjoncture marquée par l'effritement du pouvoir d'achat.

A l'heure actuelle, l'élément central du cahier revendicatif des syndicalistes est axé sur l'amélioration des revenus. C'est le maître-mot des partenaires sociaux qui saisissent chaque occasion pour le clamer.

Mardi, le groupe fédéral à la chambre des conseillers, a tenu, dans le cadre du droit à informer, à signaler en séance publique, que l'appel au débrayage national dans le secteur public vise à attirer l'attention politique sur la situation inquiétante qui règne à l'heure actuelle.

Les centrales vont-elles tempérer leur position ? Le budget 2011 est déjà ficelé et ne contient aucun élément ayant trait à l'augmentation salariale. L'équation est difficile à résoudre. D'autres dossiers demeurent encore en suspens depuis des années et nécessitent un terrain d'entente.

Piétinement des négociations

Une solution s'impose. En dépit des multiples rencontres entre le gouvernement et les centrales, au cours des deux dernières années, les doléances restent les mêmes. Les dernières tractations n'ont pas mené à la paix sociale escomptée. Le Premier ministre est appelé à réagir. Les centrales syndicales ne comptent pas lâcher du lest et tiennent le gouvernement pour responsable dans l'échec du dialogue social. Ils promettent d'intensifier leur mouvement de protestation. La semaine dernière, ils ont même menacé de faire renaître l'idée de la marche nationale qui a été reportée à maintes reprises. Les prochains jours s'annoncent animés.

 

Repères

Contact

Jusque-là, le gouvernement n'a fait qu'afficher sa déception de la décision des partenaires sociaux. Les centrales n'ont pas été contactées par l'Exécutif.

Clarification des objectifs

A présent, le dialogue entre l'Exécutif et ses partenaires sociaux devra reprendre sur la base d'objectifs et de stratégies clairs.

Coordination

Les syndicats sont décidés à maintenir leurs rangs et travaillent désormais en bloc

homogène.

Source : lematin.ma

 

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