"Si vous avez un cancer, c'est le moment de faire du sport": kimono blanc et cri combatif, elles sont une dizaine, dans ce cours de karaté, à suivre les conseils de Thierry Bouillet, radiothérapeute à l'hôpital Avicenne de Bobigny.
Le karaté "est le sport idéal" pour combattre la fatigue, supporter les traitements et augmenter ses chances de survie, explique le praticien à ses patients.
Las de voir "des malades fatigués qui ne vivaient plus, rejetaient leurs corps et déprimaient", ce médecin de 49 ans se bat depuis dix ans pour faire reconnaître cette activité physique comme "un soin de support" dans le combat contre la maladie.
"Effectivement, ça donne la pêche, confirme l'une de ses patientes, Véronique, 69 ans: "avant je traînais chez le psychanalyste. Plus besoin! Non seulement, je me sens plus costaude physiquement mais moralement c'est mieux".
Nathalie, 45 ans, grande femme mince aux cheveux très courts, ajoute que pour elle, pratiquer ce sport a été le moyen de "(se) sentir acteur de (sa) guérison".
Comme Véronique et Nathalie, elles sont une dizaine assises en kimono ce matin là autour d'un thé dans une salle municipale de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), rituel convivial avant le début de la séance.
Depuis le mois de janvier, la Cami (Cancers arts martiaux et informations), association sportive fondée en 2000 par le docteur Bouillet et Jean-Marc Descotes, un sportif de haut-niveau, propose également ses cours adaptés de karaté-do, yoga, stretching ou Mediété (mélange de disciplines) entre les murs de l'hôpital Avicenne. L'association est également en train de former des éducateurs sportifs à Paris, Brunoy, Rodez, Gap et Toulon.
En dix ans, la verve du docteur et le bouche à oreille ont convaincu 400 malades, des femmes pour la plupart. Les femmes "comprennent plus vite la problématique", "elles sont plus intuitives", remarque le médecin.
Chez les malades de cancer (sein, colon, prostate notamment), les activités physiques ont un effet bénéfique certain, constate le docteur, en s'appuyant sur une série d'études scientifiques internationales et ses propres observations. Ainsi pour le cancer du sein, "le risque de rechuter est deux fois plus faible" chez les malades pratiquant l'équivalent d'une heure de marche rapide trois fois par semaine, rappelle-t-il.
Les exercices physiques diminuent la production d'estrogènes et font baisser l'insuline, deux facteurs de prolifération des cellules cancéreuses, explique le radiothérapeute qui résume: "le sport permet de limiter le carburant de développement des tissus cancéreux".
L'effet dure 48H00 maximum, d'où l'intérêt de répartir les entraînements trois fois par semaine.
En éliminant les sources de tensions physiques, on "améliore la fatigue" de fond des patients et "du coup leur qualité de vie", en plus de renforcer "la tolérance au traitement", insiste le médecin.
Adepte de karaté depuis ses 14 ans, il pense que ce sport, pratiqué avec des éducateurs formés aux pathologies des malades, est "idéal pour que les patients retrouvent leur schéma corporel" et la maîtrise d'un corps qu'ils rejettent, abîmé parfois par la chirurgie.
Cela permet "aux gens de reprendre leur place dans le couple, le travail et la société". "Les gens viennent de partout, souvent de loin, et ils sont motivés", remarque Marie-France, la soixantaine, "on sort fatigués mais c'est pas la même fatigue, ça permet de remonter la pente".
Source : AFP
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Commentaires
depuis tjrs le sport était le bon moyens de combattre la maladie et la fatigue,d'augmenter les résistance du corps en générale mais ce qu'il manque c'est de le prouver scientifiquemen t afin de convaincre les gens de le faire