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Quand l’amour devient obsessionnel

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Pour certaines personnes, le sexe constitue une manière de soulager leur angoisse et de faire face au stress. Ces «accros» ou «drogués» du sexe peuvent avoir 21 rapports sexuels par semaine. Qu’entendons-nous par dépendance sexuelle ? Quels sont les signes cliniques ? Comment peut-on traiter l’obsession sexuelle ?

 

Si certaines personnes sont addicts à l’alcool, la drogue ou à d’autre paradis artificiel, d’autres le sont au sexe. Comportements sexuels compulsifs, idées obsédantes, masturbation excessive tels sont les caractéristiques des dépendants sexuels. Pour ces personnes, le sexe constitue une manière de soulager leur angoisse et de faire face aux tensions. Autrement dit, le comportement sexuel devient le principal mécanisme de défense face au stress. «Un dépendant sexuel est une personne qui est en quête permanente de plaisir sexuel», explique le sexologue Mustapha Rassi.

En psychiatrie clinique, on parle de dépendance lorsqu’une personne aliène sa liberté et organise son existence autour d’un produit ou d’un comportement. Selon le Dr Rassi, plusieurs signes cliniques doivent être présents pour pouvoir parler de dépendance sexuelle. «Il faut tout d’abord qu’il y ait un besoin pathologique de passer à l’acte. Le dépendant sexuel est une personne qui a besoin de contrôler le partenaire. Dans son comportement, on relève une répétition boulimique c’est-à-dire qu’après un rapport sexuel, il éprouve à nouveau le besoin d’avoir un autre rapport. C’est une personne qui ne peut pas se retenir», souligne-t-il. Et d’ajouter : «le dépendant sexuel n’a pas d’affection envers son partenaire qui est considéré comme un simple objet sexuel. Ce qui compte pour lui c’est de l’utiliser pour soulager une souffrance, une anxiété ou une situation de stress. Ce sont des personnes qui sont constamment à la recherche de sécurité, ils ont besoin de se sentir protégées». Selon le Dr Rassi, la dépendance sexuelle concerne davantage les hommes que la gent féminine. «Chez les femmes, l’addiction affective ou la drague compulsive est beaucoup plus fréquente que l’addiction sexuelle», note t-il.
Une personne dépendante sexuelle passe la majorité de son temps à la recherche de l’assouvissement de ses fantasmes ou de ses comportements sexuels. «Certains ont besoin de faire l’amour 3 fois par jour. Un addict sexuel peut avoir jusqu’à 21 rapports par semaine», précise Dr Rassi. Contrairement aux hommes et aux femmes qui trouvent dans leurs rapports sexuels un certain épanouissement, les victimes de dépendance sexuelle ont un rapport douloureux avec leur sexualité et ne sont jamais satisfaits. «Le passage à l’acte sexuel constitue normalement un moment agréable, de bien être, qui apporte une certaine assurance. Ce qui est loin d’être le cas pour les personnes accro au sexe. La durée de satisfaction est très courte chez ces personnes», affirme Dr Rassi. Comme dans la plupart des dépendances, l’appétit sexuel est progressif. Les dépendants sexuels ont besoin de plus de sexe, «de meilleur sexe», ou même de sexe plus varié. Ils sont engagés dans un engrenage dont ils ne peuvent plus sortir. Et leurs comportements ne sont pas sans conséquences: négligence du partenaire, divorce, perte d’emploi, dépression, voire même suicide.

Quant au traitement, celui-ci repose sur la prise d’antidépresseurs et la thérapie comportementale. Celle-ci permet de lutter contre l’angoisse associée à l’addiction. La psychothérapie demeure un atout essentiel puisqu’elle permet non seulement à long terme, de mettre fin au comportement addictif, mais de mieux comprendre l’origine de cette souffrance. Comme pour toute addiction, le traitement doit passer par une acceptation du problème par le patient. « La guérison demande du temps et un effort important de la part du patient. Le patient doit accepter son trouble. Le thérapeute doit le mettre en confiance et l’aider à se déculpabiliser», conclut-il.

Comment reconnaître et combattre la dépendance au sexe

• Une personne dépendante au sexe va en permanence parler de ses exploits.
• Cette personne ne changera jamais sa routine même si elle change de partenaire.
• La dépendance au sexe peut être accompagnée d’une dépendance à la drogue ou à l’alcool.
• Évaluez le nombre de partenaires sexuels, s’il est supérieur à 1 ou 2 par mois, il y a probablement une dépendance au sexe.
• Comme toute dépendance, la dépendance au sexe est destructive. Il est nécessaire d’en parler sans avoir honte. Le mieux est de s’adresser à un proche qui ne portera aucun jugement.
• Si cette dépendance a des conséquences importantes sur la vie quotidienne et le rapport aux proches, alors un psychologue peut s’avérer nécessaire.
• Les rapports sexuels doivent être protégés.
• Il faut être à l’écoute de la personne dépendante pour comprendre ses mécanismes et lui permettre de les éviter.

 

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Selon le docteur Mohamed Maidine, la dépendance sexuelle peut affecter négativement la capacité d’une personne à composer avec les autres aspects de la vie.

Comment peut-on définir l’obsession?

Mohamed Maidine : On peut parler de dépendance sexuelle quand une personne pratique une activité sexuelle au point d’affecter négativement sa capacité à composer avec les autres aspects de la vie, devenant impliquée dans d’autres relations - soit vraies ou à travers les fantasmes - et devenant dépendant des expériences sexuelles comme source première de contentement ... sans regard aux conséquences sur sa santé, sa famille et / ou sa carrière.

Quelles en sont les causes?

Les principales causes de ce genre de dépendance sont variables. On cite des causes organiques guérissables par le traitement médical ou chirurgical. Il s’agit des hypertestosterolemies ou encore les maladies neurologiques telles les tumeurs cérébrales. On note aussi les dépressions maniaques. Par exemple, une personne maniaco-dépressive va donc présenter des épisodes de dépression alternant avec des épisodes d’euphorie exagérée. Ces derniers sont marqués par une humeur euphorique, une énergie permanente et démesurée, une activité débordante, voire une grande agitation, une surestimation de ses capacités, un sommeil réduit à quelques heures sans entraîner de fatigue, un accroissement de l’appétit sexuel, un jugement erroné sur la réalité, consistant à méconnaître les difficultés et les problèmes. Il y a aussi d’autres causes affectives et responsables de l’obsession sexuelle telles la faible estime de soi, les blessures émotionnelles non guéries, la peur de l’amour, la peur de l’abandon, les attentes irréalistes, les angoisses de castration ou narcissiques, l ‘anxiété chronique.

Quel est l’impact de ce mal sur la vie active de la personne atteinte ?

Ces patients peuvent commettre des actes d’agressions sexuelles (sur mineurs ou autres) et se trouver devant la justice . Parfois, la justice a recours à une expertise médico- légale pour déceler des causes médicales de ce genre d’agressions. Les conjuguopathies, c’est-à-dire des souffrances pathologiques dues aux mauvaises relations dans le couple et qui peuvent même mener au divorce ou même au suicide. La psychopathie et la toxicomanie peuvent également être les conséquences de l’obsession sexuelle sur la vie de la personne atteinte.

Peut-on quantifier ce phénomène?

On ne dispose pas actuellement de statistique de la fréquence de cette pathologie. Cependant, la quantification du phénomène peut se faire sur la base d’une étude des cas de consultation en sexologie clinique, les registres des consultations en psychiatrie, ou à travers l’examen des cas d’expertise médico-légale.

Quels sont les facteurs qui amplifient l’obsession?

La toxicomanie, les psychopathies, mêlées à d’autres facteurs comme entre autres le fait d’avoir subi des abus sexuels ou des agressions sexuelles, peuvent accentuer la pathologie. On cite également d’autres facteurs tel la prostitution et les violences des relations sexuelles. On note les syndromes post-traumatiques ou les paraphilies, C’est-à dire une condition dans laquelle l’excitation sexuelle  et sa satisfaction dépendent d’un thème imaginaire, d’une situation exceptionnelle ou objet qui devient le centre de son comportement sexuel. Des victimes de pédophilies et d’inceste peuvent aussi développer des obsessions au même titre que les maniacodépressifs.

Qu’en est-il du traitement ?

Le traitement de létiologie, étude des causes et des facteurs à travers une psychothérapie individuelle, est recommandé dans les cas d’obsession sexuelle. On peut aussi avoir recours à l’hypnose et la sexoanalyse comme principaux traitements.

Traitements recommandés pour l’obsession sexuelle

Plusieurs traitements sont recommandés pour l’obsession sexuelle.Ainsi on peut avoir recours au traitement psychologique notamment à travers un traitement individuel ou une thérapie de groupe. Cela peut aider les personnes à contrôler leurs obsessions sexuelles. Le soutien de la famille et l’environnement peut aussi être d’un grand apport aux patients. En ce qui concerne le traitement médicamenteux, les médecins peuvent prescrire certains médicaments anti-dépresseurs comme la fluoxetine, paroxetine ou sertraline. Ces derniers peuvent réduire l’anxiété et la dépression participant ainsi à l’amélioration des patients.

Par ailleurs la guérison avec l’hypnose a pour but d’aider le patient à surmonter le déni au sujet d’abandonner son obsession sexuelle. La plupart des gens ne veulent pas faire face à la réalité de leur besoin de changer. Ceci implique l’abandon des rêves et des fantasmes sexuels. l’hypnose aide également à stimuler le besoin de découvrir et de composer avec les racines du passé qui ont donné du pouvoir à l’ obsession. Le fait d’essayer de guérir les blessures avec le sexe ajoute seulement plus de douleur. Le sexe devient douloureux pour soi et pour les autres, parce que, étouffés par la compulsion, le patient devient sourds aux cris du cœur blessé qui manque d’amour. Les personnes compulsives sexuellement ont besoin de guérison avant que le sexe devienne frustrant et obsédant.

Rappelons que les causes de l’obsession peut avoir un rapport avec le symptôme d’autres maladies ou être une entité isolée. Ainsi le trouble du comportement sexuel est présent dans de nombreuses maladies mentales comme dans la schizophrénie ou dans les troubles de personnalité. Les causes les plus fréquentes sont les troubles du comportement sexuel dû à des problème de couple, des troubles dues comportement sexuel causées par un abus sexuel, l’anxiété, la dépression...

Source : ALM

 

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