Aujourd’hui, l’infertilité n’est plus une fatalité. L’assistance médicale à la procréation permet à de nombreux couples d’accéder à une maternité tant désirée. Toutefois, les conséquences psychologiques d’une telle nouvelle sont souvent sous-estimées, mieux vaut être accompagné.
La prise de conscience de l’infertilité
La plupart des couples qui rencontrent difficultés pour avoir des enfants sont tout d’abord stupéfaits. En effet, beaucoup croient que la grossesse arrive naturellement une fois la contraception interrompue. Quand ce n’est pas le cas, il faut alors remettre en question certains éléments : la vie de famille, le sens de la vie, du mariage…
Les conséquences psychologiques de la découverte de l’infertilité sont souvent sous estimées. «Quand mettre au monde un enfant devient une obsession, quand la blessure narcissique s’allie à un sentiment de culpabilité et d’impuissance, on se sent différent des autres, exclu. Le fait de savoir qu’une fonction naturelle chez d’autres, se révèle complexe pour soi provoque de toute évidence un choc. Quelle que soit le diagnostique médical, infertilité de l’homme ou de la femme, il est préférable de consulter à deux car il faut savoir que les explorations et les traitements seront parfois partagés
Qu’il s’agisse d’infertilité primaire ou secondaire, seul un bilan détaillé permet d’en identifier les causes.
Le spermogramme est normal
La courbe de température et le test postcoïtal sont normaux : il y a donc ovulation et dépôt de sperme dans une glaire normale. Une hystérographie est pratiquée pour retrouver une cause au niveau de l’utérus ;
Le test postcoïtal est pathologique : l’anomalie concerne probablement la glaire ;
La courbe de température est anormale : l’ovulation est anormale.
Causes de la stérilité masculine
La stérilité est primaire chez les patientes qui n’ont jamais été enceintes. La stérilité est secondaire quand il existe des antécédents de grossesses menées à terme ou de fausses couches. Les causes sont nombreuses.
Quatre facteurs majeurs correspondant à des étapes différentes de la fécondation peuvent schématiquement être responsables :
Un trouble de l’ovulation ;
Une mauvaise perméabilité des trompes : le quart des stérilités sont dues à l’obstruction des trompes de la femme ;
Une anomalie de développement de l’endomètre ;
* Une anomalie de la glaire cervicale.
Bilan de la stérilité féminine
L’interrogatoire est complet. Une courbe de température est établie sur 3 ou 4 cycles. L’examen clinique comprend entre autres éléments la mesure du poids, un toucher vaginal, un examen au spéculum, un frottis vaginal. Les dosages hormonaux (progestérone et prolactine plasmatiques) sont effectués durant la deuxième partie du cycle (en phase lutéale). L’échographie pelvienne et l’évolution de la glaire cervicale sont une aide importante. Le test postcoïtal ou test de Hühner est indispensable. Il est pratiqué dans les 24 heures qui précèdent ou qui suivent la date supposée de l’ovulation. Le rapport sexuel doit être pratiqué 8 heures avant la consultation. Le médecin recueille la glaire par aspiration ou expression du col et l’examine sous microscope à contraste de phase. Il note la qualité de la glaire, sa propreté, le nombre de spermatozoïdes et leur mobilité. Le test est normal s’il y a plus de 5 spermatozoïdes mobiles par champ sur le prélèvement endocervical.
Un test normal implique :
Une technique satisfaisante dans les rapports sexuels ;
Une glaire normale pour le transport et la préservation du sperme ;
Une fonction oestrogénique satisfaisante ;
Une fertilité mâle normale.
La perméabilité des trompes peut être contrôlée par trois moyens :
La radiographie : c’est l’hystérosalpingographie ;
Une hystéroscopie ;
L’injection de bleu de méthylène dans les trompes au cours d’une coelioscopie, examen chirurgical nécessitant une anesthésie générale.
En fonction des résultats des examens ci-dessus, d’autres tests sont demandés :
Une exploration hormonale complète ;
Une enquête bactériologique ;
Des tests de compatibilité glaire-sperme in vitro ;
Une coelioscopie ;
Une fibroscopie tubaire etc...
En fonction de la cause identifiée, le médecin proposera la technique de procréation médicalement assistée la plus adaptée. nous traiterons plus en détails ce volet de la question avec un spécialiste dans un prochain numéro.
Accompagner le traitement de l’infertilité
Les traitements de l’infertilité recommandés, sont évidemment porteurs de beaucoup d’espoir. Toutefois, sans faire preuve de défaitisme, mais plutôt d’un certain réalisme, ils peuvent comporter aussi nombre d’échec, qui sont sans aucun doute très déstabilisants pour le couple. «Il faut être solide pour supporter les échecs répétés, pour recommencer cinq ou six fois le même parcours.
Les témoignages concordent : soit l’épreuve soude un couple, soit elle le désagrège. La prise en charge médicale peut s’éterniser, bilans, tests, re-tests, vérifications… La vie est alors rythmée par l’attente des résultats. Et toutes ces épreuves peuvent mettre à mal le couple. Les gynécologues qui pratiquent l’assistance médicale à la procréation, sont tous unanimes et n’hésitent pas a recommander à leurs patients de consulter les psychologues qui peuvent les aider à mieux vivre leur traitement.
Source : albayane.ma
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