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Fécondité, l'infertilité gagne du terrain

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Avoir des enfants est un rêve à la fois pour les hommes et les femmes. Car même si de nombreux couples ont tendance à retarder l'arrivée d'un bébé, l'envie d'en avoir ne baisse jamais d'intensité. Le développement des moyens contraceptifs, ces dernières décennies, a considérablement permis aux couples de scinder désir et fécondité. Ainsi, il était devenu facile de mener une vie sexuelle normale toute en maîtrisant la fécondité.

Une femme a environ 20% de chances de tomber enceinte naturellement lorsque les conditions sont optimales.

Beaucoup de femmes continuent donc à penser qu'elles peuvent avoir un enfant quand elles veulent sans accorder une importance à d'autres facteurs notamment l'âge. Ce dernier a un impact sur les ovaires notamment après 35 ans où la fertilité baisse d'une manière significative. Dans ce genre de cas, un couple pourrait faire face à une infertilité. Selon des estimations faites par des professionnels, l'infertilité toucherait entre 15 et 17% des couples marocains. Un chiffre qui pourrait être plus important en raison de plusieurs éléments. Autrement, un couple doit avoir un bébé quand il peut et non pas lorsqu'il veut. Mais attention, il faut bien faire la distinction entre infertilité et stérilité. Cette dernière est admise uniquement pour les couples ayant une impossibilité définitive d'avoir un enfant.

Au contraire, l'infertilité se traduit par des complications à la procréation sans pour autant rendre une grossesse impossible à 100%. Généralement, le terme infertilité désigne l'absence de toute grossesse après une période de 12 mois. Durant cette période, les rapports doivent être réguliers (minimum 2 fois par semaine) et sans aucune méthode contraceptive. En terme de statistiques, une femme a environ 20% de chances de tomber enceinte naturellement lorsque les conditions sont optimales, et un jeune couple n'a qu'une chance sur quatre à chaque cycle de concevoir.

Tout dépend de l'âge

A 25 ans, la fertilité atteint son apogée mais elle va ensuite baisser légèrement pour fléchir à partir de 35 ans puisque les ovaires perdent nettement en qualité. Or l'âge du mariage dans notre société a reculé d'au moins 9 ans durant les trois dernières décennies, ce qui amoindrit les chances de nombreux couples de procréer facilement. Cependant, l'âge ne constitue qu'un seul facteur parmi d'autres qui peuvent être à l'origine de l'infertilité chez le couple. Outre les raisons organiques dont peuvent souffrir l'homme ou la femme, les modes de vie adoptés ont également des répercussions sur la fertilité. Il faut savoir que les régimes alimentaires à répétition et les troubles alimentaires ont une répercussion négative sur la qualité de l'ovulation. L'alcool et le tabac peuvent être incriminés.

De même, les contraintes professionnelles et de la vie moderne sont aussi un facteur non négligeable. Si l'infertilité n'anéantit pas les chances d'avoir des enfants, le retard du diagnostic peut, lui, compliquer davantage la situation. Il est certain que la mentalité qui prévaut chez de nombreuses personnes peut être une source de complication. Entre le recours à des charlatans et la peur du résultat du diagnostic, plusieurs années peuvent s'écouler et les chances deviennent plus minimes. «En moyenne, un couple en Belgique consulte un médecin au bout de deux ans alors que chez nous, cette moyenne est de 4 années», précise le Pr Omar Sefrioui.

Dans certains cas, si l'un des deux partenaires souffre ou a souffert d'une affection gynécologique particulière, il ne faut pas hésiter à aller consulter un médecin. Car des phénomènes très simples peuvent expliquer certains retards dans l'apparition d'une grossesse. L'homme partage aujourd'hui la même part de responsabilité que la femme dans les causes d'infertilité. Dans tous les cas, quelle que soit la vraie cause derrière un retard de grossesse, le rôle des deux partenaires est impératif dans la réalisation de leurs attentes. Toutefois, devant toutes les causes de l'infertilité, des solutions efficaces, prouvées et adaptées existent grâce au développement de la médecine. Bien évidemment, les traitements seront prescrits selon les cas pour être en parfaite adéquation. «Dans la majorité des cas, le problème est résolu grâce à un traitement adéquat. Le pourcentage des couples qui sont orientés vers la fécondation in vitro est limité», conclut le Pr Sefrioui.

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Explication:

«Les Marocaines répondent moins favorablement au traitement»

Quel état des lieux faites-vous du problème de l'infertilité au Maroc ?

On estime le pourcentage des couples marocains en âge de procréer et qui ont des problèmes de fertilité à 17%. C'est dire qu'il s'agit d'un véritable problème de santé publique. Au Maroc, le problème de l'infertilité est toujours considéré comme un tabou sans parler du déni de féminité. La vision même de l'infertilité n'est pas la même dans notre pays qu'en Europe. Pourtant, le Maroc a fait d'énormes progrès dans le domaine et les couples qui ont ce genre de problème peuvent être pris en charge avec un pourcentage de réussite très favorable. Mais à ce niveau, un autre problème se dresse devant de nombreux couples. En effet, les médicaments coûtent très cher et ne sont pas pris en charge. Certaines personnes ne peuvent pas y accéder.

Quelles peuvent être les causes de l'infertilité ?

Il faut dire que l'âge moyen du mariage a considérablement baissé au Maroc. Bien évidemment, la fertilité baisse avec l'âge. Par ailleurs, certaines causes peuvent être accentuées par l'environnement, notamment la pollution et le tabagisme qui ont également un sérieux impact sur la fertilité. De même, l'utilisation démesurée des antidépresseurs par de nombreuses personnes peut causer l'infertilité. Cependant, la majorité des cas rencontrés ont des problèmes organiques. Il existe en effet, des causes infectieuses. Il est d'ailleurs connu que le nombre des IST (infections sexuellement transmissibles) est très élevé. Ces infections peuvent causer à terme l'infertilité dans les cas où elles ne sont pas diagnostiquées et traitées à temps. On retrouve également des causes hormonales comme l'insuffisance ovarienne chez la femme.

Comment les couples marocains répondent-ils au traitement ?

Les femmes marocaines répondent moins favorablement au traitement par rapport aux femmes occidentales. Nous n'avons pas réellement une explication, mais la pression que subissent les femmes marocaines est énorme et peut donc être à l'origine de cette situation. Je pense que le contexte social joue un rôle considérable. Le retard du diagnostic peut également avoir un effet. Vous savez, en moyenne, un couple en Belgique consulte au bout de deux ans alors que chez nous, cette moyenne est de 4 années. Toutefois, il existe aujourd'hui des traitements qui facilitent la procréation. La fécondation in vitro a déjà fait ses preuves. Le Maroc a parcouru un long chemin dans ce sens, car le premier bébé éprouvette a aujourd'hui 20 ans. Mais le recours à cette méthode est une ultime étape. Sur l'ensemble des couples ayant des problèmes de fertilité, 35 à 40% se voient orienter vers la fécondation assistée. Le reste, c'est-à-dire 60% des couples reçus, arrive à remonter ce problème grâce à des antibiotiques ou des petites interventions chirurgicales.

Source : lematin.ma

 

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