Puberté, pré-ménopause, post-ménopause… La vie des femmes est rythmée par différentes étapes physiologiques. Mieux les comprendre permet de ne pas être victime de cette influence hormonale, mais au contraire de la dompter. Plongée au coeur de ces mécanismes secrets... La ménopause est un phénomène naturel.
Ce n'est pas une maladie. Le terme ''ménopause'' signifie étymologiquement l'arrêt des règles et désigne ainsi la période qui survient au moment où les ovaires arrêtent de produire les hormones de la reproduction qui sont l'estrogène et la progestérone. La ménopause commence le plus souvent aux alentours de 50 ans. Un jour, les règles cessent d'apparaître, mais attention, cela n'est pas toujours définitif.
Elles peuvent survenir de nouveau après des interruptions très longues, les cycles étant devenus totalement irréguliers. Même si elles n'ont plus de règles, les ovaires peuvent, par ailleurs, continuer à produire des estrogènes durant un an ou deux. A la ménopause, des bouffées de chaleur sont constatées chez une grande majorité de femmes. Ce trouble est en rapport avec une stimulation excessive des centres cérébraux (hypothalamus), qui commandent le fonctionnement des ovaires pour compenser le manque d'estrogènes.
Que se soit au bureau ou chez soi, qu'il fasse jour ou nuit, pas de répit: les bouffées de chaleur surviennent, sans prévenir, et gâchent souvent la vie des femmes. Avec elles, des troubles fonctionnels, appelés ''troubles du climatère'', font quelquefois leur apparition. Les bouffées de chaleur représentent l'un des signes les plus caractéristiques et les plus précoces de la ménopause. Les ovaires produisant de moins en moins d'hormones, la carence qui en résulte peut déclencher des bouffées de chaleur, parfois accentuées par des situations stressantes. Les bouffées apparaissent généralement avant même l'arrêt des règles. Les autres manifestations, comme la fatigue, la sécheresse vaginale ou la prise de poids, sont plus insidieuses.
Si les bouffées de chaleur sont inexistantes ou très modérées chez des femmes, les autres, elles, souffrent de ces manifestations parfois très pénibles qui sont caractérisées par une sensation de chaleur qui envahit soudain le décolleté, le cou puis monte au visage.
S'accompagnant éventuellement de rougeur et de transpiration, elles durent entre 30 secondes et quelques minutes, et sont souvent suivies de sueurs froides. Ces épisodes, se répétant parfois jusqu'à 15 à 20 fois par jour, ''peuvent incommoder'' certaines femmes au point de les empêcher de travailler. Pendant la nuit, des suées prennent le relais, réveillant les femmes, les obligeant à se changer, voire à changer les draps, entraînant parfois des insomnies.
Ces «mini-canicules» passagères ne sont pas dangereuses, mais peuvent devenir une véritable source de fatigue et de dépression. Après quelques mois ou années de ''turbulences'', le dérèglement hypothalamique va s'arrêter, le taux de la FSH cérébrale (hormone folliculostimuline secrétée par l'hypophyse), qui avait pu être multiplié par dix, diminue et les ovaires cessent définitivement de produire toute hormone. C'est la post-ménopause qui durera jusqu'à la fin de la vie.
Le risque de maladies cardiovasculaires s'accroît et peut alors s'installer une ostéoporose, favorisée par le manque d'estrogènes. La peau tend aussi à devenir moins souple et plus sèche et des troubles urinaires peuvent survenir. Hormis les signes «internes» annonciateurs de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, l'insomnie, la prise de poids, la sécheresse vaginale et l'incontinence urinaire, d'autres manifestations traduisent un déséquilibre hormonal.
En effet, les oestrogènes ne maintiennent plus l'élasticité de la peau et les androgènes (hormones sexuelles masculines sécrétées aussi par le corps féminin) se retrouvent en excès relatif, entraînant parfois une perte de cheveux, une pilosité accentuée ainsi que l'apparition d'impuretés à la surface de la peau.
Pour une femme, la ménopause s'accompagne souvent d'une remise en question et d'une perte de confiance en soi, qui se répercute sur sa qualité de vie. Cette altération du schéma corporel semble alors vécue comme une perte de féminité.
Les manifestations de la ménopause diffèrent d'une femme à l'autre et sont diversement exprimées tant au niveau de l'intensité que de la durée. Mais face à la carence en hormones, l'organisme doit gérer au mieux cette pénurie. Et l'adaptation n'est pas facile pour certains tissus, appelés «tissus cibles» qui dépendent directement des sécrétions ovariennes.
Tests génétiques
Selon une récente étude, effectuée par des chercheurs hollandais, l'âge de la ménopause a une origine essentiellement génétique. Cette hypothèse pourrait conduire à l'élaboration de tests génétiques pour les femmes craignant de ne pouvoir avoir un enfant à cause d'une ménopause prématurée.
Schématiquement, chaque femme possède, dès la naissance, le nombre complet d'ovules qu'elle pourra utiliser au cours de sa vie, sous une forme immature dans ses ovaires. La disparition chronologique de ces oeufs annonce la ménopause. Mais la fertilité féminine décline bien avant l'arrêt des menstruations dès la trentaine. Selon des chercheurs scientifiques, le nombre initial de ces ovules, ainsi que le rythme de leur consommation sont déterminés par des facteurs génétiques. En étudiant 243 soeurs «non jumelles» et quelques jumelles, ils affirment qu'il est possible de prédire l'âge de la ménopause de l'une en étudiant simplement l'âge auquel l'autre a cessé d'être fertile. Le tout avec une précision de 87%. Un tel «déterminisme» génétique doit mettre en garde les femmes dont les mères ont été victimes de ménopause prématurée.
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Explication à Docteur Youssef Rafiai • gynécologue
«Les manifestations cardiovasculaires est un problème majeur»
Qu'est-ce que la ménopause ?
La ménopause se définit comme la cessation de la fonction menstruelle. Cette étape de la vie génitale d'une femme est liée à l'arrêt de la fonction ovarienne et de la sécrétion des hormones féminines: les estrogènes et la progestérone entraînent une disparition des règles. La ménopause survient normalement chez la femme entre 50 et 55 ans (si elle survient avant l'âge de 40 ans, on parle de ménopause précoce). Elle est précédée par la période de pré-ménopause pendant laquelle les fluctuations hormonales produisent des irrégularités menstruelles.
Quels sont les symptômes de la ménopause ?
Les modifications osseuses constituent avec les manifestations cardiovasculaires les deux problèmes médicaux majeurs de la ménopause. En plus de cela, l'on ajoute ‘'l'aménorrhée'' qui est l'absence de règles ou leur arrêt irréversible d'une durée égale ou supérieure à un an. Le tout accompagné de bouffées de chaleur (sueurs froides qui se produisent généralement la nuit) ainsi que des troubles neuropsychiques tels que les troubles du sommeil, la fatigue, la nervosité, l'irritabilité, la perte de confiance en soi, l'anxiété, la perte de mémoire, les difficultés de concentration ainsi que des troubles sexuels comme la sécheresse vaginale.
D'où proviennent ces boufféEs de chaleur ?
Les bouffées de chaleur sont les symptômes qui caractérisent le mieux l'entrée en ménopause. Elles surviennent surtout la nuit, accompagnées de sueurs. Elles sont dues à la perturbation de la sécrétion d'hormones et des centres de thermorégulation hypothalamique. Ces bouffées de chaleur durent, au maximum, 1 à 2 ans après la ménopause, mais elles peuvent parfois être observées 10 ans après.
Y a-t-il des traitements pour lutter contre ces bouffées de chaleur ou au moins les diminuer ?
Le traitement de ces bouffées de chaleur repose sur le Traitement hormonal substitutif (THS) qui doit être simple et adaptable à chaque femme et surtout respectant les contre-indications. C'est pourquoi il est indispensable de pratiquer d'abord, avant toute prescription, un interrogatoire, un examen clinique avec ‘'frottis cervico-vaginal'', un bilan biologique à la recherche de contre-indications métaboliques et une mammographie qui doit être simple et adaptable à chaque femme.
En cas de contre-indications ou lorsque des femmes craignent le traitement, de nombreux produits non hormonaux sont actifs sur les bouffées de chaleur. La phytothérapie et l'homéopathie sont particulièrement intéressantes ainsi qu'une nouvelle molécule, le ‘'raloxifène''. La nutrition joue aussi un rôle important lors de la ménopause.
Parmi les traitements alternatifs, les ‘'isoflavones'', plus connues sous le nom ‘'phyto-estrogènes'', représentent une bonne alternative.
Repères
Puberté
Une étape du développement humain marquant la transition de l'enfance à l'adolescence (fertilité). Elle se signale notamment par une croissance rapide due aux hormones de croissance et le développement des caractères sexuels primaires et secondaires dû aux hormones sexuelles.
La péri-ménopause
La ménopause n'arrive pas brutalement. Elle est précédée d'une période plus ou moins longue appelée ‘'péri-ménopause'' qui dure quatre ans en moyenne et continue durant les 12 mois qui suivent les dernières règles.
Source : lematin.ma
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