L’éjaculation précoce est un trouble sexuel qui continue d’être un sujet tabou dans notre société bien qu’il constitue le premier motif de consultation en sexologie chez les hommes.
L’éjaculation précoce est le problème sexuel le plus répandu chez les hommes. On estime qu’ils sont 30% à être concernés par ce problème. «Ce trouble est très fréquent dans notre société. Parmi mes patients, un homme sur trois souffre d’éjaculation précoce», souligne le Dr Mohamed Maidine, sexologue. L’éjaculation précoce ou «prématurée» est une éjaculation qui survient en moins de trois minutes après la stimulation sexuelle. Les hommes souffrant de ce trouble sexuel éjaculent systématiquement en moins de deux minutes. L’éjaculateur précoce est dans l’incapacité de maintenir un rapport sexuel très longtemps. Il ne peut pas contrôler le moment où il désire éjaculer. Autrement dit, son éjaculation survient subitement et involontairement. Si certains éjaculent au bout d’une, voire deux minutes, d’autres n’ont besoin que de 30 secondes. On les appelle les «éjaculateurs ultraprématurés». Un bon nombre d’hommes éjaculent avant même la pénétration. On dit alors qu’ils ont une éjaculation «ante portas» c’est-à-dire avant l’entrée. Quant aux causes, le Dr Maidine est formel. «Elles ne sont pas organiques mais psychologiques. L’éjaculation prématurée est rarement causée par un problème physique.L’homme qui souffre de ce trouble sexuel fonctionne bien sexuellement. Le stress, la peur de ne pas être performant lors de l’acte sexuel ou de ne pas satisfaire sa partenaire en sont les principales causes». Mais, il faut noter que la cause peut être comportementale. La masturbation est la plus fréquente. La masturbation pendant l’adolescence, associée à la peur d’être surpris, et donc à la nécessité de jouir rapidement peut engendrer l’éjaculation précoce. Cette jouissance rapide se développe par la suite comme un cas typique d’éjaculation prématurée. L’éjaculation précoce reste traitable et ne nécessite pas un traitement de longue durée. «Il n’y a pas de traitement miracle. Il existe des médicaments que l’on appelle «les retardateurs» qui sont des anti- dépresseurs et qui ont pour effet secondaire de retarder l’éjaculation. Il y a aussi les thérapies comportementales qui sont les plus efficaces pour traiter ce problème. Ce sont des séances où l’on sensibilise le patient sur les moyens de contrôler son éjaculation. Il faut en moyenne une dizaine de séances. C’est une technique que je propose à mes patients mais ils sont peu nombreux à vouloir l’essayer», affirme le sexologue. Ce nouveau traitement intègre,en plus, des exercices sur la respiration et la relaxation, qui ont pour finalité de traiter le stress, l’angoisse de l’échec, lors des rapports sexuels. L’éjaculation précoce n’est pas sans répercussion sur le couple. Ce problème affecte la vie sexuelle de l’homme ainsi que de sa partenaire. La femme n’a plus de plaisir. Elle est dans l’incapacité d’atteindre l’orgasme. Ce qui entraîne un sentiment de frustration pour le couple. Certains couples essaient de contourner le problème à travers de longs préliminaires, pour faire durer le rapport sexuel et éviter la pénétration, ce qui est loin d’être la bonne solution car les conséquences à long terme peuvent être très graves. L’épouse peut soit diminuer les rapports soit demander le divorce ou se réfugier dans le bras d’un amant afin de trouver l’orgasme qu’elle n’a pas eu avec son conjoint.
Les types d’éjaculation précoce
Il existe deux types d’éjaculation précoce: l’éjaculation précoce passagère et l’éjaculation précoce permanente ou répétitive. Le premier type est beaucoup plus fréquent dans notre société et survient lors de chaque rapport sexuel. Dans ce cas, ces éjaculateurs précoces que l’on appelle aussi « les primaires » souffrent de ce dysfonctionnement depuis l’adolescence et n’ont jamais connu de relations sexuelles satisfaisantes avec leur partenaire. Ces derniers ont tendance à perdre confiance en eux-mêmes et dévalorisent leurs performances sur le plan sexuel. Cela se traduit la plupart du temps par un comportement agressif ou dépressif de leur part. Ce trouble devient de plus en plus grave à chaque rapport sexuel à cause de la peur de ne pas satisfaire sa partenaire. Un état d’éjaculation précoce passager peut se transformer en éjaculation précoce permanente s’il n’est pas pris en considération dès les premières survenues. Dans le cas de l’éjaculation précoce passagère, l’homme peut se retrouver, par moment de forte émotion ,incapable de retarder sa jouissance et éjacule plus tôt qu’il en a l’habitude. Ces éjaculateurs précoces appelés «les secondaires» sont ceux qui avaient le contrôle sur leur éjaculation pendant un certain temps, mais qui l’ont perdu à un moment donné de leur vie pour diverses raisons. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une maladie ou d’un grave trouble sexuel car l’homme en question a une performance sexuelle normale mais sous certaines pressions émotionnelles son éjaculation survient soudainement en un temps plus court que d’habitude. Un quotidien relaxant pourrait remettre le processus sexuel de l’homme à son rythme normal.
Le problème est dans la tête
Un grand nombre d’hommes pensent que le pénis est la cause principale de l’éjaculation précoce. Ce qui est faux. L’éjaculation prématurée est un dysfonctionnement généralement lié aux facteurs émotionnels et psychologiques. Autrement dit, le problème est dans le cerveau car c’est lui qui reçoit et gère les informations sensitives au cours de la phase d’excitation physique et mentale. Un homme naturellement émotionnel est plus prédisposé à devenir un éjaculateur précoce par manque de contrôle de ses émotions lors des rapports sexuels. Il faut aussi souligner que les mauvaises habitudes de masturbation pendant la puberté peuvent être à l’origine de l’éjaculation précoce. Dans la masturbation, il n’y a pas d’excitation extérieure car il n’y a pas de partenaire, l’esprit crée un fantasme pour stimuler l’excitation et obtenir une érection assez puissante pour pouvoir se masturber. La plus grande cause de l’éjaculation précoce de type primaire vient de cette auto-excitation qui est mal gérée depuis l’enfance, c’est à dire que la personne se surexcite mentalement pour éjaculer dès que possible. Parmi les autres facteurs, il faut aussi relever le manque d’expérience sexuelle, le stress ou la peur de ne pas satisfaire sa partenaire.Le manque d’entente dans un couple peut conduire l’homme à exprimer son agressivité envers sa partenaire en éjaculant prématurément. Par ailleurs, certaines cellules de notre cerveau notamment la sérotonine, interagissent pour assurer certaines fonctions (envies, humeurs, émotions). Si le niveau de sérotonine baisse dans notre cerveau, plusieurs fonctions perdent leur équilibre et le processus de l’éjaculation peut en être troublé.
Source : ALM
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