L'inconfort lié à l'arthrose n'est pas toujours associé au vieillissement

L'affection articulaire la plus courante est l'arthrose. Le cartilage, un tissu souple et durable qui recouvre et protège les extrémités des os d'une

L'arthrose est une maladie du cartilage caractérisée par une lente détérioration du cartilage et une perte de son épaisseur.

On a longtemps pensé que l'arthrose était une mortalité liée à l'âge, alors qu'il s'agit fréquemment d'une maladie articulaire à part entière, provoquant des douleurs uniques. Il existe des raisons et des facteurs de risque bien connus qui contribuent à la maladie arthrosique et à la perte de cartilage... et il est possible de les combattre afin de réduire ou d'éviter l'aggravation.

l'arthrose

L'affection articulaire la plus courante est l'arthrose. Le cartilage, un tissu souple et durable qui recouvre et protège les extrémités des os d'une articulation, se détériore progressivement.

Le cartilage est un gel composé d'une matrice de molécules de "collagène de type II" entourant d'énormes amas de "protéoglycanes" retenant l'eau et quelques cellules spécialisées mais inactives appelées "chondrocytes".

Le cartilage est un tissu articulaire important. Il remplit deux fonctions : il permet aux extrémités des os de glisser les unes sur les autres sans frottement et il absorbe les chocs répétitifs entre les parties osseuses lors des mouvements ("microtraumatismes").

Le cartilage perd de sa souplesse et de son épaisseur au fur et à mesure que l'arthrose progresse, quelle qu'en soit l'étiologie. Il se fracture et finit par disparaître, exposant les os de la douleur à un contact direct lors des mouvements de l'articulation. Les dommages causés au cartilage entraînent la détérioration de toutes les structures articulaires, y compris l'os situé sous le cartilage (l'os "sous-chondral") et le tissu synovial.

Une personne atteinte d'arthrose se plaint généralement de douleurs et de raideurs dans les articulations touchées le matin, qui durent environ 15 à 20 minutes avant de s'atténuer. La douleur et la souffrance réapparaissent et s'aggravent au fil de la journée et de l'utilisation des articulations. Toutefois, la mise au repos des articulations apporte généralement un certain soulagement.

Dans certaines conditions, notamment lors de l'évolution de l'arthrose, les articulations touchées peuvent présenter une inflammation plus ou moins importante, corrélée à une modification de la douleur, qui prend un caractère "inflammatoire", c'est-à-dire prédominant le matin et tard le soir. Elle s'accompagne d'un gonflement articulaire, qui est dû à une hypertrophie de la membrane synoviale et à la libération d'un liquide dans l'articulation, ainsi qu'à une augmentation de la chaleur locale.

En raison de l'inconfort et de la raideur, la personne est moins encline à utiliser les articulations touchées, ce qui entraîne un affaiblissement progressif des muscles entourant l'articulation ("amyotrophie réactive").

À mesure que le cartilage se dégrade, les articulations endommagées peuvent progressivement s'élargir en raison de l'ossification réactive provoquée par les mécanismes naturels de guérison de l'organisme ("becs de perroquet" ou "ostéophytes").

Bien qu'il n'existe pas de remède à l'arthrose, il est possible de la contrôler, de la stabiliser et de retarder, voire de prévenir, les lésions articulaires majeures grâce à un diagnostic et à un traitement précoces.

Avec un traitement adéquat comprenant des médicaments appropriés, de l'exercice (en dehors des poussées), du repos (pendant les poussées) et des stratégies de protection des articulations, la plupart des personnes atteintes d'arthrose peuvent mener une vie active.

Dans les cas graves, le cartilage peut finir par se désintégrer complètement, mais ce n'est généralement pas la fin de l'histoire. 

Dans certaines conditions, il est possible de continuer à utiliser l'articulation si les os qui frottent l'un contre l'autre sont lisses et robustes (protection et tampons externes). Lorsque l'os se déforme et se corrode, la gêne s'aggrave et la chirurgie devient nécessaire.

Qu'est-ce que le cartilage exactement ?

Le cartilage est un tissu lisse, blanc nacré, qui recouvre les surfaces osseuses des articulations (figure 1).

Cartilage
figure 1

Il améliore la surface de glissement en recouvrant l'os au niveau de l'articulation.

De quoi est fait exactement le cartilage ?

Le cartilage a une structure cellulaire très simple. Le tissu est constitué de cellules cartilagineuses (appelées chondrocytes), qui ne représentent qu'environ 4 % du cartilage mais jouent un rôle essentiel dans la formation du reste de la structure cartilagineuse. 

Les protéines sous forme de microfilaments, le collagène (15 à 20 % du poids) et les glucides complexes appelés protéoglycanes (3 à 10 % du poids) constituent la majorité du tissu de soutien. Le cartilage est un tissu riche en eau (65 à 85 % de son poids). 

Le cartilage est dépourvu de vascularisation. Les cellules ne se répliquent pas et sont alimentées par le liquide synovial, qui est libéré par la membrane synoviale sur le plan biologique.

Qu'est-ce que le cartilage?

Son rôle est de diminuer la friction entre les composants osseux et de répartir uniformément le poids dans l'articulation. C'est un amortisseur de chocs. Il absorbe les pressions qui s'exercent sur les structures osseuses lors des mouvements de l'articulation.

L'arthrose est-elle une maladie inflammatoire ?

L'arthrose avec de nombreux épisodes inflammatoires répétés ou persistants est appelée arthrose "inflammatoire" (ou arthrose "érosive") et est plus dangereuse car elle entraîne une tendance plus rapide à la dégradation du cartilage et des articulations.

L'arthrose inflammatoire se distingue par une raideur matinale plus prononcée et prolongée (plus de 15 minutes), ainsi que par un gonflement considérable des articulations touchées, accompagné de chaleur et de rougeurs locales (sur les articulations situées juste sous la peau, comme les mains). La gêne suit un schéma inflammatoire (le matin et la 2e partie de la nuit en plus de la douleur en fin de journée). Elle peut être plus intense, mais pas toujours, ce qui conduit certains patients à ne pas en tenir compte.

Ce type d'arthrose peut même être confondu avec un rhumatisme inflammatoire, comme la polyarthrite rhumatoïde, et correspond à une évolution plus importante de la maladie arthrosique, qui peut devenir à long terme aussi préjudiciable pour les mains que la polyarthrite rhumatoïde.

Qui est susceptible de souffrir d'arthrose ?

L'arthrose peut survenir à tout âge, mais le risque de la développer augmente avec l'âge. En revanche, l'utilisation des articulations à intensité normale ne provoque pas d'arthrose.

L'activité physique modérée et l'exercice ne provoquent pas d'arthrose et sont même bénéfiques pour les articulations.

L'arthrose secondaire est très fréquente après un traumatisme articulaire, notamment chez les athlètes professionnels pratiquant des sports de contact (football, rugby, hockey sur gazon, boxe, lutte...).

L'arthrose peut commencer dès le milieu de la vie si une articulation présente une déformation anatomique.

L'arthrose peut se développer suite à l'agression d'une articulation lors d'un rhumatisme inflammatoire ou microcristallin (polyarthrite rhumatoïde, goutte, hémochromatose...) ou lors de certaines maladies endocriniennes (diabète, acromégalie...).

Quels sont les facteurs favorisant l'arthrose ?

On distingue traditionnellement deux types d'arthrose : celles sans cause apparente, dites "primaires", et celles dont la cause est connue, dites "secondaires".

Lorsqu'il n'y a pas de raison évidente, indépendamment des facteurs de risque, l'arthrose est dite "primaire". L'arthrose primaire, en général, touche plusieurs articulations, notamment celles des doigts (articulations interphalangiennes distales et proximales). Cette affection presque symétrique peut s'accompagner de lésions du pouce, du gros orteil et des racines de la colonne vertébrale. Elle est clairement héréditaire et peut correspondre à des anomalies du collagène au cours du syndrome d'hyperlaxité ou d'une autre affection moins bien définie.

L'arthrose secondaire se définit par l'absence d'étiologie évidente. La cause la plus fréquente de l'arthrose secondaire est une blessure antérieure de l'articulation (entorse grave, fracture articulaire, déchirure ligamentaire avec instabilité articulaire secondaire). L'arthrose secondaire est ainsi assez fréquente chez les sportifs professionnels, notamment dans les sports de contact (football, rugby, hockey sur gazon, boxe, lutte...), mais elle peut toucher tout le monde. L'arthrose ne peut pas être causée uniquement par une utilisation excessive de l'articulation.

Une déformation physique de l'articulation, notamment au niveau de la hanche (coxa valga ou vara, défaut acétabulaire antérieur ou externe), peut potentiellement provoquer de l'arthrose (genu varus ou varum). L'irrégularité de l'anatomie de l'articulation expose le cartilage à des forces supplémentaires, ce qui entraîne des blessures et une usure.

Même si l'affection est guérie, certaines maladies qui provoquent une inflammation des articulations peuvent entraîner une arthrose secondaire. C'est le cas des rhumatismes inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde ou l'arthrite psoriasique, ainsi que des infections articulaires et de l'arthrite microcristalline (en particulier la chondrocalcinose, mais aussi la goutte) et de l'hémochromatose.

L'acromégalie (excès d'hormone de croissance), le diabète de type 2 (appelé aussi "diabète gras"), l'hyperparathyroïdie (via la chondrocalcinose articulaire), et l'obésité (outre la surcharge des articulations des membres inférieurs, les personnes obèses présentent fréquemment une arthrose des petites articulations des doigts, qui serait liée à la sécrétion de protéines pro-inflammatoires par la graisse intra-abdominale) (adipokine).

Quelles sont les causes de l'arthrose ?

Le principal facteur de risque de l'arthrose est l'âge : le risque de souffrir d'arthrose augmente avec l'âge, ce qui est vraisemblablement dû à une diminution de la capacité de réparation du cartilage par des cellules particulières appelées "chondrocytes", qui deviennent moins actives avec l'âge. Bien que l'arthrose radiologique augmente avec l'âge, cela n'implique pas que l'"arthrose-maladie" soit liée à toute l'imagerie radiologique.

Selon les recherches, les facteurs génétiques sont de plus en plus impliqués dans le développement de l'arthrose. Cette influence est la plus forte dans l'arthrose des mains ("polyarthrite"), mais elle est également présente dans l'arthrose de la colonne vertébrale ("arthrose spinale"). L'importance relative exacte des éléments héréditaires par rapport aux facteurs environnementaux dans ce processus est inconnue. L'idée est que la capacité à générer et à réparer le cartilage a une base génétique.

Le surpoids exerce une pression énorme sur les articulations des membres inférieurs (pieds, genoux et hanches). La bonne nouvelle est que le fait de perdre ne serait-ce que quelques kilos (3 à 5 kilos) peut réduire la tension sur les genoux et, en particulier, la sécrétion de protéines pro-inflammatoires par la graisse contenue dans le ventre ("intra-abdominale"). La perte de poids a un effet bénéfique même si une arthrose du genou (gonarthrose) est diagnostiquée, ce qui peut entraîner une diminution de la gêne et de la probabilité de devoir être opéré un jour.

Quelle est l'évolution de l'arthrose ?

L'arthrose, traditionnellement caractérisée comme une "usure" du cartilage, est en fait une maladie articulaire dégénérative avec une composante inflammatoire. Divers facteurs de risque peuvent exacerber l'évolution. C'est pourquoi les chercheurs ne parlent plus d'arthrose en général, mais d'"arthroses" en fonction du profil du patient : arthrose liée à l'âge, arthrose liée à l'obésité, arthrose liée à une maladie articulaire...

Ces différentes pathologies résultent de systèmes distincts impliquant des causes et des signaux différents entre les tissus de l'articulation : os, cartilage et tissu synovial. La compréhension de ces mécanismes permettra le développement de "biomarqueurs prédictifs" de l'évolution de la maladie au moment du diagnostic, ainsi que l'identification de nouvelles "cibles thérapeutiques" dans les années à venir. L'objectif est donc d'adapter la prise en charge et le traitement à ces profils.

Les lésions du cartilage ne s'améliorent pas avec le temps : il s'agit d'une maladie à " effet cliquet ". De plus, leur évolution n'est pas linéaire : elle peut être très lente et progressive sur plusieurs années sans handicap majeur, ou évoluer en " escalier " (poussées inflammatoires entrecoupées de phases de rémission), ou encore évoluer très rapidement et nécessiter la pose d'une prothèse en quelques mois, par exemple au niveau de la hanche (" coxarthrose destructive rapide ").

Au cours de l'évolution de la maladie, deux stades alternent, selon un rythme imprévisible et plus ou moins perceptible. La plupart des patients se trouvent dans la " phase chronique ", dans laquelle la gêne au quotidien est variable et les douleurs articulaires sont modérées et mécaniques (douleur à l'utilisation). Cette phase d'évolution à bas bruit de l'arthrose peut être ponctuée d'assauts douloureux aigus accompagnés d'une inflammation articulaire. La douleur est alors intense et survient le matin et occasionnellement la nuit. Il est conseillé de conserver une activité physique fréquente pendant la phase chronique, cependant il est indispensable de mettre l'articulation au repos pendant les crises douloureuses (en attelle sur les membres supérieurs et en décharge sur 2 cannes anglaises sur les membres inférieurs). En effet, c'est pendant cette période "inflammatoire" que le cartilage est le plus détruit.

DIAGNOSTIC

Quand doit-on envisager l'arthrose ?

L'arthrose évolue souvent lentement, et chez certaines personnes, elle peut progresser tranquillement pendant des mois ou des années. Il est essentiel d'y penser lorsqu'il existe une douleur " mécanique ", c'est-à-dire une gêne qui augmente lorsque les articulations sont sollicitées et diminue lorsque les articulations sont au repos.

La douleur apparaît progressivement pendant ou après une activité. Chez les personnes d'âge moyen, l'apparition peut être plus brutale du fait de l'utilisation. Seules les activités vraiment intensives induisent une gêne mécanique au début, bien que la douleur finisse par apparaître au cours des activités de routine.

Le repos soulage la douleur avec le temps, et celle-ci peut être accompagnée de symptômes qui attirent l'attention sur l'articulation, comme la raideur ou le blocage articulaire. La raideur articulaire peut apparaître au lever ou après une période de repos, mais elle est généralement temporaire, ne durant pas plus de 15 minutes.

On observe parfois un œdème, une perte de souplesse et une faiblesse articulaire. Certains gestes peuvent provoquer la rupture des articulations touchées.

Une douleur plus intense peut durer une grande partie de la journée et même gêner le sommeil la nuit (horaire inflammatoire), et elle peut s'accompagner d'une raideur plus importante et plus prolongée le matin : dans ce cas, il faut déclencher une crise inflammatoire d'arthrose, avec le risque d'une détérioration accélérée de l'articulation.

Comment identifier l'arthrose ?

Il n'existe pas de test de dépistage spécialisé de l'arthrose. Les questions du médecin, notamment sur le moment de l'apparition de la douleur et de la raideur articulaire, ainsi que les antécédents, permettront de poser le diagnostic.

L'examen clinique peut mettre en évidence des anomalies préexistantes ("genu varum ou valgus") ou acquises ("nodosités de Bouchard ou d'Heberden" dans les doigts), des "becs de perroquet" ou des "ostéophytes" dans les articulations et la colonne vertébrale.

Un bilan sanguin permet d'exclure un syndrome inflammatoire ainsi qu'une maladie à microcristaux (goutte et chondrocalcinose articulaire) ou à dépôts articulaires (de fer dans l'hémochromatose).

Une ponction articulaire permettra de prélever du liquide pour analyse en cas de gonflement articulaire, démontrant l'absence d'infection et de microcristaux, ainsi que le caractère " mécanique " du liquide articulaire.

Enfin, la radiographie révélera une diminution localisée de l'épaisseur du cartilage entre les deux extrémités osseuses de l'articulation : le " pincement articulaire ", ainsi que la présence de " réponses ostéophytiques " en réponse à l'arthrose (" becs de perroquet "). Le scanner ou l'IRM sont rarement utilisés pour le diagnostic de l'arthrose.

Avec quoi peut-on confondre l'arthrose ?

Seule la ponction articulaire ou l'IRM permet de mettre en évidence une perte précoce de cartilage sans pincement au stade précoce de l'arthrose.

Au stade inflammatoire de l'arthrose, il est fréquent de la confondre avec une infection articulaire, un rhumatisme inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde ou arthrite psoriasique) ou une arthrite microcristalline. Quoi qu'il en soit, l'existence de microcristaux dans une articulation arthritique doit toujours être exclue par ponction, notamment en cas d'arthrose très progressive, d'arthrose avec des lésions dispersées, d'arthrose inhabituelle ou d'usure accélérée.

Au stade final, il est essentiel de s'assurer qu'il n'y a pas de maladie inflammatoire ou d'autre maladie à l'origine de l'arthrose.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Dans le cas d'une crise de douleur aiguë pouvant être causée par une arthrite infectieuse, une consultation immédiate est nécessaire. En cas de point d'entrée infecté, les lésions articulaires chroniques peuvent être sujettes à une surinfection (infection urinaire, soins dentaires...).

Une autre source de douleur suraiguë au cours d'une arthrose reconnue est un infarctus dans un os articulaire remodelé par l'arthrose ("ostéonécrose secondaire") ou une fissure osseuse (forme précoce de fracture).

TRAITEMENT

Quelles sont les possibilités de traitement de l'arthrose ?

La plupart du temps, l'arthrose s'aggrave à mesure que l'épaisseur du cartilage diminue. Il n'existe pas de traitement spécifique de l'arthrose, et les médicaments disponibles sont "symptomatiques", c'est-à-dire qu'ils sont destinés à soulager la douleur et la raideur mais ont peu d'effet sur l'évolution naturelle de la maladie.

Les traitements médicamenteux doivent toujours être utilisés en conjonction avec des interventions non médicamenteuses, et c'est la combinaison des interventions médicamenteuses et non médicamenteuses qui est efficace. Le traitement doit également être adapté au stade de la maladie, dans le but de soulager la douleur, de stabiliser l'état et d'améliorer les capacités fonctionnelles.

Les analgésiques, comme le paracétamol, peuvent soulager la douleur en dehors des poussées inflammatoires de la maladie. D'autres médicaments (AINS à faible dose comme l'ibuprofène ou des mélanges de paracétamol et de codéine, de poudre d'opium ou de tramadol) sont disponibles et peuvent être adaptés aux différents niveaux de douleur.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) administrés par voie orale ou sous forme de gel ou de pommade sont utiles pour réduire l'inflammation le plus rapidement possible en cas d'agression inflammatoire, mais ils sont néfastes pour le cartilage. Elle doit être associée à un repos articulaire (ou une décharge sur 2 cannes de l'articulation dans les membres inférieurs).

En cas d'inflammation tenace et de gonflement articulaire, le médecin peut avoir recours à l'infiltration de corticoïdes, qui consiste à injecter ces puissants anti-inflammatoires directement dans l'articulation. Le nombre d'injections pour une même articulation est généralement limité à trois par an.

De nombreux traitements sont disponibles pour aider à réduire la douleur et améliorer la mobilité des articulations. Les traitements non médicamenteux sont essentiels dans le traitement de l'arthrose. La rééducation et la physiothérapie (qui permettent de modifier l'articulation), l'ergothérapie (qui aide à effectuer certains gestes dangereux), l'éducation (qui enseigne comment éviter ou compenser les gestes à risque) et l'activité physique sont des exemples de ces traitements. Après avoir consulté un expert en soins de santé, vous pouvez les réaliser par vous-même.

Prendre une douche chaude ou utiliser des compresses chaudes sont d'excellents moyens de soulager la douleur et la raideur. La chaleur aide à soulager la douleur et la raideur. En cas d'inflammation, utilisez le froid pour limiter le flux sanguin vers l'articulation irritée et minimiser le gonflement et la douleur.

Les traitements à action prolongée peuvent apporter aux patients souffrant de douleurs chroniques un soulagement plus lent mais plus durable. Leurs effets peuvent se poursuivre jusqu'à 6 mois, mais ils sont généralement mineurs. " Sulfate de chondroïtine ", " sulfate de glucosamine " et " insaponifiables d'avocat et de soja " en sont des exemples. Ces traitements ne sont plus financés en France ; ils ne sont pas très efficaces en moyenne, même s'ils semblent bénéficier à certaines personnes en particulier.

L'injection d'acide hyaluronique dans l'articulation, également appelée " visco-supplémentation ", consiste à injecter de l'acide hyaluronique exogène dans une articulation arthrosique lorsque l'acide hyaluronique endogène est aberrant en raison de l'arthrose. Le principe est basé sur la "visco-induction", plutôt que sur la visco-supplémentation : l'acide hyaluronique exogène injecté agit comme un guide pour la membrane synoviale, l'amenant à sécréter de l'acide hyaluronique endogène de meilleure qualité.

Le lavage articulaire peut être bénéfique dans le cas d'une arthrose du genou très avancée et résistante aux traitements classiques, y compris les infiltrations. Son objectif est de débarrasser l'articulation des débris cartilagineux qui sont trop gros pour être éliminés par la membrane synoviale et qui contribuent à l'inflammation articulaire. L'idée est de nettoyer l'articulation en y faisant passer plusieurs litres de solution saline sous anesthésie locale. L'utilité de ces stratégies est cependant relative et reste débattue dans la littérature scientifique.

Quand faut-il traiter l'arthrose par voie chirurgicale ?

Lorsque l'arthrose progresse et que les traitements pharmacologiques échouent, il est raisonnable d'envisager une intervention chirurgicale. Les opérations les plus courantes sont les prothèses de hanche et de genou, ou "arthroplasties", mais d'autres interventions sont également envisageables.

L'arthroplastie convient aux personnes de tout âge, mais elle n'est utilisée qu'aux stades avancés de l'arthrose. La décision de subir une arthroplastie est principalement influencée par le degré de douleur et d'invalidité causé par l'arthrose, ainsi que par les risques (thrombose veineuse, infection, lgodystrophie) et les avantages (réduction spectaculaire de la douleur et amélioration fonctionnelle nette) de l'intervention. Il est essentiel de comprendre qu'une prothèse dure environ 15 ans et qu'elle s'use plus rapidement lorsque le patient est plus jeune et plus actif. Cependant, il est de plus en plus facile de remplacer une prothèse usée.

D'autres articulations, notamment les mains, peuvent être équipées de prothèses. Il n'existe pas de prothèse pour les articulations les plus distales des doigts (articulations interphalangiennes distales), mais une immobilisation chirurgicale ("arthrodèse") dans une posture fonctionnelle est envisageable, ce qui supprime la douleur et permet de faire la plupart des gestes normaux.

Quelles sont les pistes de recherche ?

L'objectif de l'étude est de traiter les lésions du cartilage ou éventuellement de remplacer le cartilage à l'aide de greffes de cellules injectées directement dans l'articulation. Des essais utilisant des cellules de cartilage ("chondrocytes") et un biomatériau pour créer un cartilage semi-artificiel sont actuellement en cours. L'objectif est de créer un échafaudage composé d'une substance compatible avec l'organisme, autour duquel les "chondrocytes" transplantés peuvent se développer et générer une nouvelle matrice cartilagineuse. Les premiers résultats chez l'animal sont prometteurs, notamment après un traumatisme du cartilage sain chez un jeune participant. Malheureusement, la prise d'une greffe devient plus difficile lorsque l'environnement est hautement inflammatoire et que des tissus osseux et synoviaux sont impliqués dans l'affection.

D'autres groupes de recherche se concentrent sur les cellules souches "adipocytaires". Sous l'influence de l'environnement articulaire et de nombreux stimuli de croissance, ces cellules indifférenciées dérivées du tissu adipeux peuvent se transformer en chondrocytes.

VIVRE EN RELATION AVEC

Comment faire face à l'arthrose ?

Si elle est traitée de manière appropriée, l'arthrose évolue pendant de nombreuses années, avec parfois des poussées inflammatoires, avant de revenir à l'état antérieur. Diverses mesures doivent être prises pour ralentir la progression de l'affection. Elles doivent être adaptées aux maladies concomitantes ainsi qu'au site de l'arthrose.

Il est également essentiel de suivre toutes les instructions du médecin, non seulement pour les médicaments, mais aussi pour l'économie des articulations afin de les protéger des chocs lors de la marche, par exemple avec des semelles souples et absorbantes.

Il est généralement encouragé de perdre du poids si vous êtes en surpoids. Pour ce faire, en plus de l'alimentation, il sera important de pratiquer fréquemment des exercices physiques d'intensité modérée, mais uniquement en dehors des poussées inflammatoires, comme la marche trois fois par semaine pendant une heure.

De manière générale, il est conseillé d'éviter de porter des charges lourdes et d'adapter son environnement à son état de santé, par exemple en utilisant des rampes dans la douche ou en gardant les outils à portée de main dans la cuisine. Enfin, surtout en cas de poussée douloureuse d'arthrose des membres inférieurs, utiliser une ou deux cannes et porter des semelles amortissantes.

Une surveillance radiologique est nécessaire, non pas annuellement, mais plutôt en cas de poussée inflammatoire ou de modification de la gêne. Cela permettra de suivre l'évolution de l'arthrose.

Travailler avec de l'arthrose est possible si le poste ne nécessite pas de charge répétitive sur l'articulation arthrosique ou si le geste professionnel est modifié.

Comment préserver ses articulations rhumatismales ?

C'est une question d'"économie articulaire", et c'est une technique importante à comprendre et à adapter à la localisation de l'arthrose : il faut toujours éviter de soumettre les articulations malades et affaiblies à des efforts excessifs. Par conséquent, il est essentiel d'alterner les travaux difficiles ou répétitifs avec des loisirs plus apaisants. Pour éviter de soumettre les articulations à des contraintes excessives, il est essentiel de maintenir un bon alignement du corps pendant tous les mouvements. Par exemple, si vous souffrez d'arthrose dans les membres inférieurs, vous devez éviter de vous accroupir ou de vous agenouiller trop longtemps car ces positions exercent une pression importante sur les hanches et les genoux. En cas d'arthrose de la colonne vertébrale, les objets lourds doivent être soulevés avec les jambes droites et le dos droit. Les objets lourds doivent être portés au niveau de la taille. Les sièges doivent être ajustés pour soulager la pression sur les hanches et les genoux, et une canne peut être utilisée pour les longs trajets. Il est conseillé d'utiliser des poignées ou des clés plus grandes pour diminuer la pression sur les articulations faibles de la main...

Que dois-je consommer lorsque je souffre d'arthrose ?

Le poids corporel est le lien le plus important entre l'alimentation et l'arthrose. L'excès de poids exerce une pression supplémentaire sur les articulations portantes (celles du dos, des hanches, des genoux, des chevilles et des pieds), mais l'excès de graisse à l'intérieur de l'abdomen ("intra-abdominale") est également responsable de la libération de protéines inflammatoires qui provoquent ou aggravent l'arthrose, notamment au niveau des mains. Le maintien d'un poids optimal est donc essentiel, et si vous êtes en surpoids, l'adoption d'une alimentation équilibrée améliorera rapidement votre arthrose : souvent, il suffit de 3 à 5 kg pour être éliminé.

Est-il possible de pratiquer une activité physique lorsqu'on souffre d'arthrose ?

L'activité physique protège les articulations en renforçant les muscles qui les entourent et contribue à une nutrition optimale du cartilage en favorisant la diffusion des nutriments dans le cartilage (car ce tissu ne contient pas de vaisseaux sanguins et la simple diffusion est un mécanisme moins efficace que la circulation sanguine). L'activité physique doit donc être encouragée, sauf lors des poussées inflammatoires, où le repos de l'articulation atteinte est préféré à l'accélération de la guérison.

L'activité physique, qui ne doit pas nécessairement être liée au sport, permet à une personne atteinte d'arthrose de mener une vie plus active et d'avoir une maladie moins agressive. Pour que cela fonctionne, l'activité physique doit être pratiquée de façon régulière et donc plaire au patient et lui apporter un bénéfice immédiat (soit parce qu'elle lui procure du plaisir, soit parce qu'il la pratique avec des personnes qu'il apprécie).

Les exercices d'amplitude de mouvement aident à soulager la douleur et la raideur tout en maintenant la mobilité des articulations. Ces exercices doivent être pratiqués tous les jours pour obtenir les meilleurs résultats.

Les exercices de renforcement musculaire aident à maintenir ou à développer le tonus musculaire tout en stabilisant les articulations.

Les étirements articulaires d'intensité modérée aident à réduire l'inconfort et à maintenir la souplesse des muscles et des tendons entourant les articulations touchées. Les activités d'endurance renforcent le cœur et aident à maintenir le poids.

La responsabilité du kinésithérapeute est d'aider le patient à organiser ces différents exercices au fil du temps et de le conseiller sur les nombreuses activités physiques possibles dans le cas particulier de chaque patient.

Conclusion

L'arthrose est une maladie articulaire à long terme (ou "polyarthrite rhumatoïde"). Il s'agit d'une affection causée par divers facteurs qui affectent principalement le "cartilage", le tissu qui recouvre l'extrémité des os dans une articulation.

La douleur de l'arthrose est causée par l'utilisation de l'articulation arthritique et est soulagée par le repos : il s'agit donc d'une douleur mécanique.

Le cartilage a deux fonctions : il permet aux pièces osseuses de glisser ensemble et il absorbe les chocs.

Il existe des arthroses "primaires", qui n'ont pas d'étiologie connue, et des arthroses "secondaires", qui sont causées par de nombreux troubles locaux ou systémiques. De nombreux facteurs de risque contribuent à la progression de l'arthrose, dont beaucoup sont modifiables.

Le cartilage est un gel composé d'une matrice de molécules de "collagène de type II" renfermant d'énormes amas de "protéoglycanes" et quelques cellules relativement dormantes appelées "chondrocytes".

Sources:

  1. https://www.inserm.fr/dossier/arthrose
  2. https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=arthrose_pm
  3. https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/arthrose/quest-ce-que-larthrose
  4. https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/19-Arthrose-des-douleurs-rhumatismales-sans-lien-avec-le-vieillissement

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