Mystérieuse pneumonie en Argentine: Un troisième décès!

Un agent pathogène d'origine inconnue a frappé la province de Tucumán en Argentine. Si certains parallèles avec le Covid-19 font craindre une nouvelle

Un agent pathogène d'origine inconnue a frappé la province de Tucumán en Argentine. Si certains parallèles avec le Covid-19 font craindre une nouvelle épidémie, les scientifiques affirment qu'il est trop tôt pour s'inquiéter.

Mystérieuse pneumonie en Argentine

Les autorités sanitaires de la province argentine ont révélé le décès d'une troisième personne atteinte d'une affection non divulguée, jeudi 1er septembre. Une étrange pneumonie, de nouveaux cas, et quelques décès... Ces éléments semblent étrangement similaires aux nouvelles qui ont précédé le raz-de-marée de la pandémie de Covid-19. Pour l'instant, les scientifiques interrogés par L'Express sont rassurants, mais ils conseillent de surveiller constamment le phénomène. Voici ce que nous savons pour l'instant.

Combien de personnes sont concernées, et quels symptômes présentent-elles ?

Entre le 18 et le 22 août 2022, neuf personnes, dont huit membres du personnel soignant d'une même clinique privée, ont commencé à présenter des signes d'une pathologie respiratoire à Tucumán, dans le nord-ouest de l'Argentine. Certaines personnes ont été hospitalisées, tandis que d'autres, moins atteintes, ont été mises en quarantaine à leur domicile.

Tous semblent atteints de pneumonie bilatérale, une affection qui touche les deux poumons. "Les patients ont des radiographies qui sont extrêmement similaires à celles du Covid-19", a déclaré Luis Medina Ruiz, le responsable provincial de la santé à Tucumán. Il ne s'agit toutefois pas du coronavirus. 25 germes viraux ont déjà été testés, dont le Covid-19, diverses souches de grippe, de rhume et d'hantavirus, sans résultat positif.

Quel est l'état actuel de la situation ?

Le mercredi 31 août, seuls six cas avaient été identifiés, et les services de santé avaient déclaré le problème "sous contrôle". Deux personnes ont été tuées, selon la province. La première a été révélée le 29 août, et la seconde, qui avait 45 ans au moment des faits, a été annoncée le 31 août. Trois autres cas se sont ajoutés jeudi, et un autre décès est survenu, provoquant un changement de ton à Tucumán. "La province se trouve dans une situation difficile", a reconnu Luis Medina Ruiz.

La troisième victime est une "patiente de 70 ans qui a été admise" pour une opération dans la même clinique où les autres victimes sont des membres du personnel infirmier. Les autorités sanitaires de la province soupçonnent qu'il s'agit du "patient zéro", bien que les enquêtes soient toujours en cours.

Faut-il s'inquiéter ?

Pour l'instant, le phénomène est surveillé de près car personne ne sait s'il présente un risque de propagation. "Les informations disponibles (dépêche AFP) ne permettent pas d'évaluer les risques mais conseillent fortement de surveiller de près la situation. Le fait que plusieurs agents de santé souffrent en même temps d'une pneumonie de cause inconnue n'est pas un bon indicateur. Cependant, il est essentiel de valider ces informations et d'en recueillir de nouvelles ", selon Mahmoud Zureik de L'Express, épidémiologiste au Haut Conseil de la santé publique.

Mircea Sofonea, épidémiologiste à l'Université de Montpellier, convient que le phénomène est discutable, même après deux ans de captivité et de souffrance. "Nous ne devons pas nous inquiéter tant que nous ne connaissons pas toutes les informations. Pour activer l'alerte rouge, il faut collecter un certain nombre de signaux, dont beaucoup sont manquants. Il y a fréquemment des épidémies qui commencent puis disparaissent. Le Covid-19 nous incite à accorder une plus grande attention au développement des maladies infectieuses, mais nous ne pouvons pas nous inquiéter tant que nous n'avons pas suffisamment de connaissances", selon le chercheur.

Peut-on parler d'une épidémie ?

Non, pas encore. "Une épidémie est définie comme une augmentation de l'incidence sur une période de plusieurs semaines. Une épidémie commence par quelques cas isolés, puis s'étend à une population, qui peut être un hameau ou une région. Si les cas sont confinés à un seul établissement de santé, comme cela semble être le cas, il est trop tôt pour parler d'épidémie" explique Mircea Sofonea.

S'agit-il d'une pathologie particulièrement meurtrière, avec trois décès sur neuf cas ?

La quantité de victimes est étonnante par rapport au nombre de patients identifiés, mais cela n'implique pas nécessairement que le virus inconnu soit extrêmement mortel. "Si ce ratio se confirme, cette maladie sera extrêmement mortelle, au même titre que le Mers. Cependant, il est possible que les médecins n'aient trouvé que des cas graves jusqu'à présent, plutôt que des cas intermédiaires, asymptomatiques. Par conséquent, la mortalité de la Covid-19 a diminué par rapport aux estimations précédentes. Il est également trop tôt pour faire une déclaration à ce sujet" explique Mircea Sofonea.

Comment s'appellent les traces ?

Le ministre de la Santé de Tucumán a estimé mercredi que la pathologie était due à un agent pathogène infectieux, mais que des "raisons toxiques, environnementales" n'étaient pas exclues. Les systèmes d'eau et de climatisation sont également examinés. "Il peut s'agir, par exemple, d'une pneumonie à légionellose, mais il est vraiment difficile d'identifier les pistes à privilégier en l'état actuel."

Autre piste : une pneumonie bien connue mais peu fréquente, qui est moins souvent testée. "Nous ne pouvons pas dépister tous les agents pathogènes connus en même temps, explique l'épidémiologiste Mircea Sofonea. Cela prend du temps, et si l'agent pathogène est vraiment inconnu, déterminer son identité précise peut prendre encore plus de temps. Pour en savoir plus, ajoute le scientifique, "nous devons surveiller le nombre de cas, leur répartition géographique et l'efficacité ou non des antibiotiques standard."

Que font les responsables de la santé ?

Pour des analyses supplémentaires, les échantillons ont été transférés à l'Administration nationale des laboratoires et des instituts de santé. Selon le journal local, le centre de santé, qui semble être au cœur de ce problème, a été isolé. Depuis mardi, le Centre européen de contrôle des maladies suit l'évolution de ce groupe de cas. L'Organisation mondiale de la santé a également été sollicitée.

Sources:

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