Combien de temps est-on protégé après la troisième dose ?

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La dose de rappel de la vaccination contre le covid-19 ne semble pas protéger contre les infections après 3 mois. Cependant, elle reste utile contre les formes sévères chez les plus de 40 ans, selon une recherche de la Drees.[1]Topsante, Après la 3e dose, combien de temps est-on protégé ?

Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran a récemment annoncé que le deuxième rappel (ou quatrième dose) du vaccin covid-19 est désormais accessible aux personnes de plus de 60 ans, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) vient de publier les résultats d’une vaste étude sur la protection conférée par le premier rappel, selon qu’il a été effectué il y a moins de trois mois ou plus de trois mois.

L’étude a montré qu’après 3 mois, l’efficacité vaccinale de la troisième dose se détériorait mais restait efficace contre les formes sévères et graves de la maladie, et les hospitalisations étaient très réduites par rapport aux personnes non vaccinées. « Dans les 3 mois suivant l’injection, la dose de rappel confère une protection accrue contre la maladie grave pour les personnes âgées de 40 à 59 ans, de 60 à 79 ans et de 80 ans ou plus, avec une protection vaccinale contre les hospitalisations et les décès allant de 75 % à 90 %. » « La protection se détériore après trois mois, mais elle reste significative : entre 65 et 85 % », souligne la Drees.

Avec le temps, la mémoire immunologique se détériore.

« La perspective actuellement acquise à partir des essais cliniques et des observations en vie réelle (en Israël) souligne une protection d’au moins 6 mois chez la plupart des patients qui ont reçu un schéma de vaccination complet », note le ministère de la Santé dans un dossier de presse publié le 3 décembre 2021. Le souci est que l’efficacité de la vaccination se dégrade après 6 mois, comme en témoignent diverses statistiques en vie réelle, notamment chez les personnes âgées et fragiles, comme l’a relevé la Haute Autorité de Santé (HAS) dans son arrêt du 23 août 2021.

« Ce qui est classique », a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran lors d’un point presse le 25 novembre. « La vaccination apprend à votre corps à produire des anticorps afin de vous éviter de tomber malade ». Cependant, la mémoire immunologique n’est pas parfaite, c’est pourquoi le rappel permet de la raviver et de multiplier l’efficacité immunitaire. » Cette perte régulière de protection concerne principalement l’efficacité contre l’infection et les formes symptomatiques, « l’efficacité contre les formes graves se maintenant à un niveau élevé, indépendamment de la vaccination délivrée », selon le ministère de la Santé.

En raison de l’aggravation de la pandémie en fin d’année, la dose de rappel a été étendue à tous les adultes et le délai pour l’obtenir a été raccourci à 5 mois.

Quand la troisième dose vous protège-t-elle ?

Cette dose de rappel, qui doit être un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna pour les plus de 30 ans, Pfizer uniquement pour les moins de 30 ans), réactive les anticorps qui n’avaient cessé de diminuer au fil du temps.

Une étude publiée le 30 novembre dans la revue scientifique Jama Internal Medicine a révélé que la dose de rappel est la plus efficace 14 jours après l’injection et peut persister jusqu’à 65 jours après l’infection (l’étude ne disposait pas de données au-delà).

Les résultats de cette étude ont été recueillis en Israël, où le rappel est autorisé depuis fin août 2021.

Plus de 300 000 personnes âgées de plus de 40 ans ont été suivies pendant 65 jours au total. Elles ont été séparées en deux groupes : celles qui ont reçu le schéma de vaccination standard (2 doses de vaccin Pfizer) et celles qui ont reçu une dose de rappel (Pfizer). La proportion de tests PCR positifs dans les deux groupes a été suivie par les chercheurs. Voici les résultats :

  • 6,6 % des personnes ayant reçu le  » régime complet de vaccination  » ont eu un test positif.
  • La probabilité d’être testé positif dans les 6 jours suivant la dose de rappel est égale à celle des personnes qui n’ont pas reçu le rappel (6 % ).
  • Entre les 7e et 13e jours, 3 % des participants ont été testés positifs.
  • Seuls 1 % des tests sont positifs après 14 jours, et jusqu’à 0,7 % après 28 jours, ce qui montre que la protection conférée par la dose de rappel augmente considérablement avec le temps.

Après la dose de rappel de la vaccination Pfizer, les tests PCR suivants étaient positifs :

les tests PCR suivants étaient positifs

Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, l’a vérifié dans les colonnes du Parisien le 10 décembre. Il précise qu’il y a  » un changement visible à l’issue du septième jour « , mais qu’il ne s’agit pas d’un interrupteur  » marche/arrêt « . Certains seront bien couverts le cinquième jour, tandis que d’autres seront bien protégés le huitième jour.

Anne-Claude Crémieux, professeur de maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis de Paris et également interrogée par nos confrères du Parisien, est encore plus méfiante. « Soyez prudents, le niveau de protection le plus élevé est atteint entre quinze jours et trois semaines ».

Du coup, en attendant, il faut respecter les mouvements de barrière.

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