Pourquoi les mots « hiver » et « kilos en trop » riment-ils ?

kilos en trop en hiver

La plus grande résolution des Français au début de chaque année est de se remettre au sport. Peut-être pour perdre quelques kilos gagnés pendant l’hiver. En vérité, pourquoi prenons-nous du poids pendant les mois d’hiver ? Et faut-il s’en inquiéter ? explique Matthieu Marty, diététicien et nutritionniste à Toulouse.

La prise de poids hivernale est-elle une réalité (ou une fatalité) ? Commençons par remettre les choses dans leur contexte et nous rassurer. « Ne vous fiez pas aux chiffres de votre balance », conseille Matthieu Marty. « Ils peuvent être trompeurs. La prise de poids peut être liée à une prise de masse musculaire, par exemple. Par ailleurs, il ne faut pas confondre « variation de poids » et « augmentation de poids ». Chaque jour, chaque semaine, une fluctuation de poids se produit ; elle est inoffensive et physiologique, et elle est temporaire. Après les fêtes de fin d’année, on observe une fluctuation de poids plutôt qu’une prise de poids persistante. »

Comment expliquer cette variation de poids ?

Il n’y a pas de mystère pour le diététicien-nutritionniste. De nombreuses variables se conjuguent pour solliciter l’organisme. La première d’entre elles est, bien sûr, ce que nous mangeons « Nous sommes parfois envieux des plats chauds et copieux en « ette » pendant l’hiver : raclette, croziflette, tartiflette….. Tous sont à base de fromages, qui sont riches en lipides et favorisent donc la prise de poids. » Mais, comme le précise notre expert, « ces repas sont consommés à l’occasion et non de manière régulière ; ils s’équilibreront naturellement au fil des jours par le rythme normal de la vie : donc pas d’inquiétude ! ».

La succession des fêtes : Noël, Nouvel An, Épiphanie, avec son cortège de gâteaux plus gras et sucrés les uns que les autres peut aussi produire la sensation de lourdeur. Puis, quelques semaines plus tard, c’est la Chandeleur… Il y a de quoi se sentir un peu ballonné. Sans compter que ces repas sont souvent accompagnés d’alcool, « qui fournit presque autant d’énergie que les graisses (respectivement 7 kcal Vs 9 kcal) », ainsi que d’un manque de fruits et légumes. Notre expert admet aisément que ces derniers peuvent paraître dans le froid « moins attrayants et invitants Cependant, ne pas en manger est une erreur car cela affecte considérablement l’apport quotidien en vitamines et minéraux, ainsi qu’en fibres, ce qui peut avoir un impact négatif sur le poids. »

Le rôle surprenant du soleil

De manière surprenante, l’absence de lumière jouerait également un impact. « Le soleil entraîne la création par la peau de 70% de la vitamine D présente dans l’organisme », explique Matthieu Marty. « Or, la vitamine D a un rôle diversifié et important dans la santé, notamment en stimulant la libération d’insuline par le pancréas. Au final, cette fonction contribue à la prévention du diabète de type 2, du surpoids et de l’obésité. »

Une nouvelle étude de l’Université d’Alberta au Canada va dans le même sens. Selon les chercheurs, lorsqu’elles sont exposées au soleil, les cellules graisseuses situées immédiatement sous la peau rétrécissent. Par conséquent, une exposition limitée à la lumière naturelle peut stimuler le stockage des graisses et contribuer à la prise de poids.

Un mode de vie sédentaire

Il est facile de passer des baskets aux zapettes en hiver. Le côté sportif contraste avec le plaid. Et, comme nous le savons tous, la sédentarité favorise la prise de poids. Autre aspect à prendre en compte : la saison froide s’accompagne fréquemment d’un léger coup de blues, qui se traduit par des troubles du sommeil et de l’humeur. Certains d’entre nous, connus sous le nom de mangeurs émotionnels, ont tendance à se jeter sur le réfrigérateur.

Alors, comment lutter contre les kilos de l’hiver ?

« Le premier conseil est de garder un niveau d’activité physique constant : marcher, prendre les escaliers, faire du jardinage, nettoyer la maison… toutes ces petites actions ont un effet favorable nécessaire pour gaspiller de l’énergie sans même s’en rendre compte », recommande Matthieu Marty. « En matière de cuisine, ne vous interdisez pas de participer à des plats de fête. La frustration peut déclencher des impulsions. Pensez simplement à le faire avec modération. Profitez de ces occasions pour passer du temps en famille ou entre amis. Cela n’aura aucun effet sur votre poids si vous suivez une alimentation plus équilibrée et variée composée de légumes de saison, de haricots, de poisson, d’œufs, de viandes de qualité, d’huile végétale de qualité et d’eau. Soyez à l’affût des signes de satiété. Tout est question d’équilibre mental et nutritionnel en ce moment : conserver le plaisir tout en évitant la frustration et la culpabilité est tout aussi crucial que de suivre les recommandations nutritionnelles et d’exercice physique. »

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