Les infirmiers et les TS manifestent à Rabat après avoir conclu un accord avec les syndicats

Les infirmiers et TS manifestent à Rabat

Comme indiqué précédemment, les infirmiers et les techniciens de la santé (TS) ont organisé un débrayage le jeudi 3 mars à Rabat pour protester contre l’accord conclu entre le gouvernement et les syndicats du secteur. Un accord qui, selon eux, ne leur rend pas justice et ne répond pas à leurs attentes.

Les infirmières et les TS ont manifesté jeudi devant le ministère de la Santé et de la Protection sociale, se sentant « trahis » par l’accord négocié entre le gouvernement et les syndicats censés les représenter, après leur « exclusion » des résultats de la discussion sectorielle.

Maso Hamid, membre du Conseil national du Syndicat indépendant des infirmières et infirmiers, a qualifié l’accord signé de « farce », expliquant qu’il excluait les revendications des infirmières et des techniciens de la santé incluses dans les commissions thématiques formées sous le mandat de l’ancien gouvernement pour discuter des doléances des infirmières avant de les transférer aux comités centraux.

Parmi les principales revendications des infirmiers et des techniciens de la santé figurent l’indemnisation des risques professionnels, qui n’est pas prévue dans la convention, ainsi que des doléances qui ne nécessitent aucun coût financier, telles que la mise en place de l’ordre des infirmiers et des techniciens de la santé, l’élaboration du référentiel d’emploi et de compétences (REC), la révision des conditions de promotion et le recrutement des diplômés chômeurs désireux de travailler.

« Tout notre travail et nos efforts de ces dix dernières années ont été balayés. A l’exception des infirmières qui étaient à l’avant-garde de l’épidémie et qui ont veillé à ce que le programme de vaccination soit réussi et se déroule dans de bonnes conditions, les efforts et le travail de toutes les professions de santé ont été reconnus, tant sur le plan moral que financier. Ils ont dévalorisé notre travail et nos efforts. Ils nous ont menti », a convenu Fatima-Zahra Belline, membre du Mouvement des infirmiers et des techniciens de la santé du Maroc, qui a également participé au sit-in devant le ministère à Rabat jeudi.

Selon elle, l’absence de réponse aux revendications des infirmiers et des techniciens de la santé n’est pas liée à une question de budget, car même les revendications qui ne contiennent pas de composante financière n’ont pas été traitées.

Pour rappel, le président du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé la signature d’un accord entre le ministère de la Santé et les syndicats représentant le secteur la semaine dernière à Rabat.

Un accord qui a permis aux médecins du secteur public de bénéficier de l’indice 509 (augmentation de salaire) tant souhaité avec tous ses avantages, ou encore aux agents administratifs qui ont vu leur indemnité pour risques professionnels portée à 1 400 DH.

Selon Fatima-Zahra Belline, les infirmiers, qui représentent environ 30.000 personnes dans le secteur, ont surtout profité de la progression dans le cadre et le grade, ce qui n’apporte aucun gain financier.

Ainsi, le syndicat marocain des infirmiers et techniciens de santé a décrété une grève de trois jours les 2, 3 et 4 mars 2022, avec une marche à Rabat les 3 et 4 mars. Cette même campagne a également appelé les infirmiers en chef à boycotter les rapports mensuels pour se concentrer uniquement sur le travail infirmier.

Le mouvement des infirmiers et des techniciens de santé a également exhorté le gouvernement à répondre rapidement aux revendications des infirmiers et des techniciens de santé, se traduisant par l’équité dans la prime de risque professionnel, la révision des conditions de promotion, la formation de l’Ordre national des infirmiers et des techniciens de santé, et le développement du référentiel d’emploi et de compétences (REC).

Elle demande également l’indemnisation des victimes du décret 2-17-535, ainsi que l’emploi de tous les infirmiers et techniciens de santé au chômage afin de pallier la pénurie.[1]hespress, khadija khettou, jeudi 3 mars 2022

Références

Références
1hespress, khadija khettou, jeudi 3 mars 2022

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