Pendant le Ramadan, il ne faut pas modifier la prise de médicaments, sauf avis contraire du médecin.

prise de médicaments

Certains patients, afin de concilier le jeûne et les médicaments, modifient l’heure de prise de leurs médicaments du jour à la nuit sans contacter leur médecin. Cette approche est dangereuse car elle peut mettre en danger la santé du patient et potentiellement entraîner la mort, surtout si le médicament est destiné à traiter des maladies chroniques.

Pendant le mois de Ramadan, certains patients tentent de jeûner à tout prix, même si leur état de santé ne le permet pas ou s’ils ont besoin de médicaments à des moments précis de la journée. Par conséquent, ils procèdent à un glissement de la prise de médicaments du jour vers la nuit sans contacter le médecin traitant. Cette pratique est courante, surtout chez les personnes âgées. Interrogé à ce sujet, le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, met en garde contre les dangers de cette pratique, déclarant qu’il n’est pas approprié de modifier quoi que ce soit dans un traitement pharmacologique, y compris sa dose et son horaire, sans l’autorisation du médecin traitant. En outre, il souligne que c’est le médecin, et lui seul, qui peut évaluer et décider des ajustements à apporter à la thérapie.[1]Journal leMatain

« Il prend en compte différents aspects, notamment l’état de santé du patient, l’évolution de son état, son âge et sa capacité à jeûner sans prendre de médicaments tout au long de la journée, ainsi que les dangers potentiels en cas de modification », précise le Dr Hamdi. Il poursuit en disant qu’en général, le médecin écoute les préoccupations du patient et tente de faciliter le jeûne en modifiant le calendrier de prescription, à moins qu’il ne découvre que les modifications sont dangereuses. À cet égard, le Dr Hamdi suggère que la prise de médicaments le soir après les avoir pris tout au long de la journée peut altérer leur efficacité ou avoir un effet néfaste sur la santé de la personne qui jeûne.

Ceux-ci ne sont pas compatibles avec le jeûne.

« Il est assez difficile pour le médecin d’apporter des modifications pour certains troubles chroniques, comme le diabète de type 1 », explique le Dr Hamdi. En outre, les antidiabétiques comme l’insuline ne peuvent pas être administrés sans repas, c’est pourquoi le patient est invité à s’abstenir totalement de jeûner. « C’est également le cas si le patient est sous traitement hormonal. Le changement est irréalisable car ces médicaments sont dépendants du cycle hormonal du corps humain » explique le Dr Hamdi. Le changement est particulièrement difficile, selon l’expert, si le patient doit prendre des médicaments quatre ou cinq fois par jour ou si les produits pharmaceutiques en question ont une marge thérapeutique restreinte, comme ceux donnés pour le traitement des maladies cardiaques. « Répartir ces pilules sur 8 heures au lieu de 24 heures peut nuire à l’état de santé, c’est pourquoi le médecin a choisi de ne pas faire de modifications », soutient le Dr Hamdi. À cet égard, il rappelle que « si le médecin détermine qu’il est difficile de modifier le calendrier des médicaments ou que le patient ne doit pas jeûner pour des raisons de santé, il doit s’abstenir de jeûner. »

Une distinction essentielle : l’adaptation des régimes médicamenteux ne concerne que ceux qui sont administrés par voie orale et donc jugés incompatibles avec le jeûne. « Les médicaments injectables, sous-cutanés et les suppositoires sont compatibles avec le jeûne, et les patients peuvent les recevoir à tout moment de la journée sans être tenus de jeûner », précise le Dr Hamdi. Il tient toutefois à préciser que les injectables restent acceptables tant qu’il ne s’agit pas de fortifiants, de vitamines ou de produits dopants destinés à compenser les conséquences du jeûne, comme la lassitude et l’asthénie. « Le jeûne est également compatible avec les aérosols délivrés par le nez ou la bouche. Ils doivent continuer à être pris pendant la journée, et le médecin ne fait normalement pas d’ajustements à cet égard », observe-t-il.

Par ailleurs, le Dr Hamdi met en garde contre les dangers de l’automédication pendant le ramadan. « Cette technique est souvent transmise par l’expérience antérieure, mais elle se nourrit aussi des conseils des proches au point que sa propre expérience risque d’être remplacée », dit-il. Selon le Dr Hamdi, cette technique pourrait créer de graves problèmes de santé, car chacun d’entre nous est unique, et seul le médecin peut déterminer si une certaine prescription est adaptée au patient. En d’autres termes, la seule façon de prévenir tout risque potentiel est de demander conseil à un médecin.

Références

Références
1Journal leMatain

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